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Société

Journée "Lycéenne Maif Run" à Besançon : de nombreuses adolescentes découvrent le féminisme

mercredi 7 mars 2018 à 22:34 Par Laurine Benjebria, France Bleu Besançon et France Bleu Bourgogne

Des centaines de collégiennes et lycéennes de toute la Bourgogne-Franche-Comté ont participé à la Lycéenne Maif Run ce mercredi à Besançon, à la veille de la Journée des droits des femmes. Au programme, une course de 3km et la rencontre d'associations et d'organisations luttant contre le sexisme.

La Lycéenne Maif Run, un événement sportif, ludique et éducatif
La Lycéenne Maif Run, un événement sportif, ludique et éducatif © Radio France - Laurine Benjebria

Besançon, France

Elles ont entre 15 et 18 ans et sont venues de toute la Bourgogne-Franche-Comté pour assister à l'événement : la Lycéenne Maif Run. Ce jeudi 7 mars, veille de la Journée internationale des Droits des Femmes, les adolescentes de la région ont eu une journée entière pour courir, mais surtout faire des rencontres et discuter autour de la lutte contre les discriminations sexistes.

  - Radio France
© Radio France - Laurine Benjebria

Une certaine méconnaissance du féminisme

Il faut dire que ces discriminations ne sont pas connues de toutes. Pour certaines adolescentes, le concept de féminisme était flou, voire totalement inconnu : "Je ne sais même pas ce que ça veut dire", "c'est d'être une vraie fille non ?". D'autres lycéennes  voyaient les féministes uniquement comme des militantes Fémen, ce qui les effrayaient.  Alors, toute la journée, les militantes ou politiques présentes ont dû répéter en boucle la définition de féministe. C'est le cas de Catherine Pistolet, à la direction régionale déléguée aux droits des femmes et à l'égalité. Elle a une définition toute simple pour les adolescentes : "Etre féministe c'est du militantisme, on est vraiment sur l'égalité de traitement des personnes, quelle que soit leur origine, leur sexe".

"Les jeunes filles en particulier pensent que tout est acquis, sauf que dans les faits l'égalité n'est pas acquise" Catherine Pistolet

Catherine Pistolet ne voit pas dans cette méconnaissance, un désintérêt de la part des adolescentes, mais simplement un manque d'expérience. "Dès qu'elles se confronteront au monde économique et à la sphère de l'enseignement supérieur, là elles commenceront à côtoyer les inégalités et à conscientiser les choses", se rassure-t-elle.

Catherine Pistolet, directrice régionale déléguée aux droits des femmes et à l'égalité en Bourgogne-Franche-Comté

Découvrir les stéréotypes et leur combat à travers des jeux

Mais autant ne pas attendre d'apprendre sur le tard. C'était en tout cas l'objectif ce jeudi. A travers les différents stands aménagés, les lycéennes pouvaient en apprendre plus sur la lutte contre les discriminations, et parfois même de manière ludique.

Le Centre d'information sur les Droits des Femmes du Doubs a ainsi proposé un quiz, dans le cadre de l'exposition "Bien dans le genre". En répondant à 12 questions, les curieuses pouvaient  établir leur profil et "voir si elles avaient une vision stéréotypée, ou en tout cas traditionaliste des rôles hommes femmes, ou si elles sont pro égalité, voire militantes égalité".

Edith Prost, juriste au Centre d'Information sur les Droits des Femmes du Doubs

  - Radio France
© Radio France - Laurine Benjebria

Violette, Liz et Héléna ont donc fait le test. Elles sont toutes les trois étudiantes au Lycée Anna Judic à Semur-en-Auxois, en Côte-d'Or. Parmi les questions rencontrées : "quelle est votre réaction quand vous voyez une femme qui bricole ? A. Une femme est plus patiente ça sera mieux fini ; B. Impossible, une femme ne connait pas la différence entre un marteau et un tournevis; C. Elle est sympa sa combinaison orange, tu veux la même ; D. Tu trouves ça normal". Les 3 adolescentes sont d'accord pour choisir la dernière solution. 

C'est au fil des questions qu'elles finissent par débattre, notamment sur les questions salariales. Liz a d'abord admis défaite : "dans tous les métiers il y a des discriminations au niveau des salaires, donc on n'y peut rien". Mais Héléna, elle, a refusé ce défaitisme. Alors quand Violette a voulu mettre tout le monde d'accord en rappelant que les lois peuvent lutter contre les discriminations, Héléna était catégorique : "Les lois, ce sont les hommes qui les font".

Liz, Violette et Héléna ont particulièrement apprécié le questionnaire du CIDFF du Doubs - Radio France
Liz, Violette et Héléna ont particulièrement apprécié le questionnaire du CIDFF du Doubs © Radio France - Laurine Benjebria

Redonner confiance aux adolescentes

Avant de parler d'inégalités salariales, encore faut-il pouvoir entrer sur le marché du travail, car certaines femmes sont très vite confrontées à des discriminations, des stéréotypes notamment pour les métiers traditionnellement masculins.

Un problème que rencontre actuellement Mathilde. Cette Haut-Saônoise de 17 ans hésite encore entre militaire et ingénieure. Mais parfois, elle se décourage quand elle entend les réactions de ses camarades de classe. "C'est pas pour toi, tu n'y arriveras pas", "tu es faible, t'es une femme, t'es pas censée faire ça, c'est les hommes qui vont se battre". De quoi lui faire perdre toute confiance. Heureusement cette lycéenne de Luxeuil-les-Bains peut compter sur le soutien de ses parents et de certains professeurs.

Les adolescentes pouvaient s'initier aux sports de combat avec des militaires - Radio France
Les adolescentes pouvaient s'initier aux sports de combat avec des militaires © Radio France - Laurine Benjebria

Et elle a même pu rencontrer des femmes militaires ce jeudi. Le 19e régiment de génie avait installé un stand, afin d'offrir des initiations aux sports de combat, mais surtout de montrer que si, les femmes ont toute leur place dans l'armée de terre.

Sur le stand, beaucoup d'adolescentes curieuses ont pu poser leurs questions. Et le Lieutenant Elise a ainsi remarqué que le cas de Mathilde était loin d'être rare. Elle a donc souhaité rassurer les étudiantes : "Il n'y a aucune difficulté à devenir militaire quand on est une femme, parce que l'armée est ouverte et adaptée à nous".

Lieutenant Elise, commissaire au 19e régiment de génie à Besançon

Une journée riche en activités et en rencontres pour les lycéennes de la région. Seul bémol pour Liz, l'absence d'hommes : "Si on veut parler d'égalité, pourquoi les hommes ne peuvent pas venir pour apprendre aussi ?".