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Société

Lycées : retour sur une semaine de mobilisation croissante, marquée par des violences

vendredi 7 décembre 2018 à 21:33 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Dans le sillage des "gilets jaunes", les lycéens se mobilisent partout en France depuis une semaine pour protester contre les réformes du bac, de la voie professionnelle ou encore la mise en place d’un Service national. Une mobilisation marquée par des affrontements avec les forces de l'ordre.

Manifestation des lycéens le 7 décembre 2018 à Lyon
Manifestation des lycéens le 7 décembre 2018 à Lyon © Maxppp - Richard MOUILLAUD

Une mobilisation qui s'étend, des dégradations, des violences et des interpellations massives : depuis une semaine, les blocages et manifestations de lycéens se multiplient. Les jeunes manifestants réclament notamment l'abandon des réformes du bac, de la voie professionnelle ou de l'accès à l'université. 

Où en est-on ce vendredi soir ? France Bleu fait le point. 

Un nombre croissant de lycées touchés 

400 lycées - sur les 4.000 que comptent le pays - étaient perturbés ce vendredi par des manifestations lycéennes selon les chiffres du ministère de l'Éducation nationale. C'est une centaine de plus que la veille, où 300 lycées avaient été perturbés et deux fois plus d'établissements que mardi. 

Les réformes du bac, de Parcoursup ou encore du service national universel, déjà connues ou mises en oeuvre, n'avaient jusqu'ici que faiblement mobilisé les lycéens. Au printemps, quatre universités (sur 73) avaient été bloquées et une dizaine de sites perturbés. Et en février dernier, un millier de personnes seulement avaient défilé contre la réforme du bac à Paris à l'appel des syndicats.

Ce vendredi en revanche, ils étaient plusieurs milliers de lycéens à manifester entre la station de métro Stalingrad et la place de la République dans la capitale, aux cris de "Macron démission", "Macron t'es foutu, la jeunesse est dans la rue". 

Des heurts, des blessés et des centaines de lycéens interpellés

Jets de projectiles contre les policiers, vandalisme et départs de feu : depuis le début de la semaine, la mobilisation semble s'être quelque peu durcie. De nombreux incidents et heurts avec les forces de l'ordre ont été signalés dans plusieurs régions de France. 

Jeudi, plus de 700 lycéens ont été interpellés. La diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo montrant l'arrestation de 151 jeunes, mains entravées ou sur la tête, à Mantes-la-Jolie (Yvelines) a attisé la colère comme en témoigne un tweet de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL).

Trois lycéens ont été blessés par des tirs de flash-ball. En réaction, quelque 200 personnalités, dont plusieurs députés de gauche, ont appelé le gouvernement à cesser "immédiatement" d'utiliser des lanceurs de balles automatiques.

Les heurts ont aussi fait des blessés dans les rangs des forces de l'ordre à Mulhouse, Toulouse et Beauvais. Et ce vendredi, des bouteilles d'acide ont été jetées sur les policiers et gendarmes mobilisés à Montpellier, Carpentras et à Saint-Brieuc. 

À Nantes enfin, deux hommes, dont le conseiller départemental de Loire-Atlantique (PS) Jérôme Alemany, ont été agressés ce vendredi matin alors qu'ils tentaient d'empêcher des individus de "retourner" une voiture.

Tout en relativisant le nombre de lycées touchés, le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer a fait part de son inquiétude devant la "violence" des manifestations dans la semaine. "Les circonstances actuelles dans notre pays font que la violence est en train d'envahir les débats et de faire en sorte que nos lycéens soient mêlés à des contextes dangereux", a-t-il déclaré.

Quel lien avec les "gilets jaunes" ?

Le mouvement des "gilets jaunes", appelés à se mobiliser pour le quatrième samedi consécutif, a-t-il réveillé la mobilisation lycéenne ? 

Oui pour Stéphane Crochet, du syndicat enseignant SE-Unsa interviewé par l'AFP : "Comme le reste de la France, les lycéens sont inquiets pour leur avenir, ils ont le sentiment d'être incompris et expriment une exaspération globale" selon lui.

Sur le terrain la situation semble plus confuse. Tandis que dans certaines régions des lycéens disent partager les revendications des "gilets jaunes" et être prêts à manifester à leurs côtés, dans d'autres, les aînés tentent de contenir les débordements.  

Les syndicats lycéens sont, eux, divisés sur la conduite à tenir. Tandis que Nabil Hedar, porte-parole du Syndicat général des lycéens (SGL) a appelé de ses vœux "une révolte générale" et "un mouvement intergénérationnel, avec les gilets jaunes", la FILD en revanche, "ne se revendique pas "gilet jaune'", peut-on lire dans un communiqué daté du 3 décembre.

Les multiples appels au calme lancés par les autorités n'ont en tout cas pas entamé la détermination de l’UNL qui appelle à un "mardi noir" le 11 décembre, pour "contrer ce gouvernement aveugle et sourd à toutes [leurs] préoccupations." Soutenu par la FIDL et SGL, le syndicat envisage notamment une manifestation à Paris, au départ de la place Saint-Michel.