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"Ma mère voulait en finir" : un Landais milite pour une nouvelle loi sur la fin de vie

L'ADMD, l'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité, organise une semaine de sensibilisation autour de la fin de vie, pour promouvoir l'instauration d'une aide active à mourir en cas de maladie incurable. Témoignage de son délégué départemental dans les Landes, Pierre Dumoulin.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp - Philippe Pauchet

Au mois d'avril, la proposition de loi, portée par le député Olivier Falorni, proposant l'instauration d'une aide active à mourir en cas de maladie incurable, a été examinée à l'Assemblée nationale, mais son examen n'a pas pu être mené à terme à cause de très nombreux amendements déposés par la droite (plus de 3000). 

Cette semaine, l'ADMD, l'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité, organise une semaine de sensibilisation auprès du grand public pour promouvoir cette proposition de loi et exiger qu'elle soit à nouveau  inscrite à l'ordre du jour des députés. Dans les Landes, ses militants seront présents :

  • sur les marchés de Saint-Paul-lès-Dax ce jeudi 27 mai, 
  • Mimizan-Bourg le vendredi 28 mai, 
  • au marché Saint-Roch de Mont-de-Marsan le samedi 29 mai, 
  • ainsi qu'au centre-ville de Capbreton ce samedi 29, 
  • à Aire-sur-l’Adour samedi
  • et à Saint-Julien-en-Born, samedi.

Accompagner l'un de ses proches en fin de vie : de plus en plus de personnes y sont confrontées. C'est le cas de Pierre Dumoulin, le délégué départemental de l'ADMD dans les Landes. Il a lui-même accompagné sa maman dans ses derniers jours. Elle ne voulait plus vivre. Elle s'est heurtée aux réticences des médecins qui voulaient continuer à la soigner à tout prix.

"Elle ne voulait plus se soigner"

"On a essayé de faire respecter sa volonté, du mieux qu'on pouvait, mais les solutions n'y étaient pas" résume Pierre Dumoulin. "Elle ne voulait pas devenir dépendante. Elle voulait rentrer chez elle et mourir à son domicile, pas à l’hôpital. Il a donc fallu la faire sortir de l’hôpital où elle avait été admise pour une mauvaise grippe. Mais les médecins voulaient absolument continuer à la soigner, lui faire des examens... elle n'en pouvait plus." 

"Il a fallu hausser le ton pour leur faire comprendre qu'elle ne voulait plus vivre. J'ai fini par leur dire : « Maintenant vous allez faire ce quelle veut, ce qu'elle demande, et pas ce que vous croyez être bon pour elle. » Les médecins ne sont pas réceptifs sur ce plan-là, ils ne sont pas formés face à la mort. Pour eux, il faut soigner à tout prix. Il y en a très peu qui comprennent que soigner c'est aussi soigner pour aider à mourir", regrette Pierre Dumoulin.

Sa maman finit par rentrer à son domicile. "Elle disait à son médecin : « Mais quand est-ce que ça va se finir ? » Il lui répondait que malheureusement il ne pouvait rien faire pour l'aider. C'était terrible."

"Elle aurait dû avoir le droit de finir ses jours plus sereinement"

Et quand on lui demande ce que cette proposition de loi sur l'assistance active à mourir aurait changé pour sa mère : "Elle aurait pu dire au docteur : « Ça suffit maintenant, je m'arrête, je veux en finir. » Et on l'aurait écoutée. Elle voulait partir. On l'aurait laissée rentrer chez elle et organiser sereinement ses derniers jours. Elle aurait pu dire au-revoir à ses enfants et petits-enfants plus sereinement. Je regrette la façon dont ça s'est déroulé. Cela n'a pas été serein, ça s'est passé dans un esprit de combat. C'est ça qui est dommage et qu'il faut absolument changer", conclut Pierre Dumoulin.

Si vous voulez joindre l'ADMD dans Landes, il faut contacter Pierre Dumoulin au 06 82 09 80 06.

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