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Société DOSSIER : Mai-68

Étudiants, ouvriers, les images et les événements de Mai-1968 à Grenoble

dimanche 6 mai 2018 à 10:01 Par Laurent Gallien, France Bleu Isère

Du 6 mai, date de la première manifestation étudiante, jusqu'à la manifestation gaulliste du 31, Grenoble et l'Isère ont traversé Mai-1968 avec son mouvement étudiant puis ouvrier mais avec moins de heurts qu'à Paris ou Lyon.

Comme toutes les grandes villes de France Grenoble a connu son "printemps social" en 68
Comme toutes les grandes villes de France Grenoble a connu son "printemps social" en 68 © Maxppp -

Grenoble, France

Mai-1968 à Grenoble comme ailleurs c'est d'abord un terreau : "D'abord on était très politisés, explique Jean-Pierre Juy, un des leaders du syndicat étudiants UNEF à l'époque à Grenoble, la politique faisait partie de la vie sociale à l'Université. Il y avait pas mal de groupes politiques". Et puis il y avait une époque : "C'était 23 ans après 1945, c'est rien! Nous sortions quand même quelques années auparavant de la guerre d'Algérie, nous avions vécu toute la guerre du Vietnam" explique Jean-Pierre Juy. "C'était une période d'effervescence complète avec ce qu'il commençait à se passer en Tchécoslovaquie, ce qui se passait aux Etats-Unis... En Allemagne c'était l'époque Rudi Dutschke (leader étudiants allemand victime d'une tentative d'assassinat)".

Un contexte social exacerbé

1968 est aussi précédé d'une forte effervescence ouvrière. En 1967 de grandes grèves chez Rodiacéta - avec quatre sites dans la région à Péage-de-Roussillon (Isère), Vénissieux, Vaise et St Fons (Rhône) - sont considérées comme un des prémices de mai.  "Les conditions de travail étaient très dures chez Neyrpic (Saint-Martin-dHères), et dans les ateliers de montage et de chaudronnerie de Sogreah", explique Jean-Pierre Juy (alors étudiant en sciences politiques et économiques). "je me souviens aussi des grèves chez Brun (Saint-Martin-d'Hères), déjà menacé de fermeture, et des ouvrières de chez Lustucru (Grenoble) qui faisaient des hépatites chroniques à force de casser des œufs à longueur de journée...".

Du 6 au 31 mai à Grenoble

Comme à Paris ce sont les étudiants qui allument la mêche de mai à Grenoble. Le 6 mai, l'UNEF appelle à manifester pour réclamer la libération des étudiants arrêtés le 3 à La Sorbonne. Ils sont 3 000 à  3 500. Arrivés place de Verdun où il souhaitent se rendre en délégation chez le Préfet, les étudiants sont bloqués par des policiers... qui chargent après quelques provocations "verbales, explique Jean-Pierre Juy, il n'y a pas eu de jet de pierre ou de bouteilles...". Quelques escarmouches suivront mais ce 6 mai reste la seule trace d'un affrontement important en policiers et étudiants à Grenoble.

Les étudiants grenoblois ont d’abord réagi à l’intervention policière du 3 mai à la Sorbonne - Aucun(e)
Les étudiants grenoblois ont d’abord réagi à l’intervention policière du 3 mai à la Sorbonne - Archives départementales de l’Isère 4332 W 294

Le 10 mai alors que  Paris s'apprête à vivre sa première nuit de barricades, près de 5 000 étudiants défilent dans le calme à Grenoble.

Le 13 mai ils sont rejoints par les syndicats : 15 000 personnes environ défilent dans Grenoble.

Grande manifestation grenobloise du 13 mai 1968 - Maxppp
Grande manifestation grenobloise du 13 mai 1968 © Maxppp -
Grande manifestation de mai 68 à Grenoble - Aucun(e)
Grande manifestation de mai 68 à Grenoble - Archives départementales de l’Isère 4332 W 294

Les 20 et 21 mai, suivant le mouvement des services publics, de grandes entreprises débrayent et sont occupées : Neyrpic, Merlin-Gerin, le site chimique de Jarrie. Les grèves atteignent leur paroxysme en France, avec près de 10 000 millions de grévistes, l'essence manque, des français inquiets se ruent dans les magasins pour faire des réserves.

Dans la nuit du 24 au 25 mai Paris va connaitre une deuxième nuit des barricades particulièrement violente. Il y aura également un mort à Lyon : un officier de police renversé par un camion fou. Grenoble reste calme.

Dans la nuit du 24 au 25 mai Paris a Lyon, un policier meurt écrasé par un camion fou... - Maxppp
Dans la nuit du 24 au 25 mai Paris a Lyon, un policier meurt écrasé par un camion fou... © Maxppp -

Les 25,26 et 27 mai les négociations et "accord" de Grenelle fissurent l'unité syndicale.

Le 27 mai au stade Charléty, Pierre Mendes-France, alors député de l'Isère, reste muet lors d'un grand rassemblement de la gauche, au désespoir de ses partisans. Il perdra son siège lors du ras-de-marée gaulliste de juin, après dissolution de l'assemblée nationale par le Général De Gaulle.

Pierre Mendes-France, député de l'Isère de 1967 à 1968 - Maxppp
Pierre Mendes-France, député de l'Isère de 1967 à 1968 © Maxppp -

Le 31 mai la France gaulliste défile à Paris. Des cortèges ont lieu en province, dont Grenoble, le 1er juin. Pour mai 68 c'est le début de la fin...

En vidéo les reportages d'époque