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Société DOSSIER : Mai-68

Mai-68 dans l'Hérault : les combats de Marianne Loupiac, militante historique de la cause féminine

mardi 15 mai 2018 à 6:05 Par Guillaume Roulland, France Bleu Hérault

À l'occasion d'une semaine spéciale consacrée à Mai-68, cinq personnalités héraultaises se souviennent. Ou étaient-elles ? Quel rôle ont-elles joué ? Que reste-t-il de ces événements ? Deuxième grand témoin de ce printemps agité, Marianne Loupiac, militante historique de la cause féminine.

Marianne Loupiac, jeune mère de famille en 1968, retraitée encore active en 2018
Marianne Loupiac, jeune mère de famille en 1968, retraitée encore active en 2018 © Radio France - Guillaume Roulland

Montpellier, France

Marianne Loupiac, 85 ans, vit aujourd'hui une retraite paisible, mais encore trés active, dans son appartement montpellérain. Cette militante historique du planning familial et de l'avortement avait 35 ans en 68.  Elle était alors une jeune mère de famille, mariée à un pasteur protestant, avec qui elle vivait en proche banlieue parisienne. 

Quand les premières manifs étudiantes éclatent, Marianne Loupiac était d'abord un peu inquiète :"La déferlante des étudiants dans le quartier latin, c'était magnifique, mais c'était quand même très angoissant. Les policiers les poursuivaient, et cela a fini par basculer à certains moments."

"Avant 68, on ne parlait pas avec les professeurs..."

La jeune maman a d'abord mis un peu de temps à comprendre ce qui se passait. Mais peu à peu, elle a finit par adhérer à un mouvement qu'elle aurait sans doute apprécié de pouvoir vivre plus tôt dans son existence.

"Avant de me marier, j'avais moi-même été étudiante à la Sorbonne. Durant l'année que j'y ai passé, je n'ai pas pu adresser la parole une seul fois à mes professeurs ! A la Sorbonne, à cette époque, on ne parlait pas avec les professeurs, c'était comme çà !"

1968 libère aussi les femmes

En mai 68, en découvrant peu à peu les manifestations étudiantes et la colère ouvrière qui emboîte le mouvement, Marianne Loupiac s'aperçoit alors que ces évènements constituent une opportunité exceptionnelle pour faire avancer la cause féminine. La jeune femme milite en effet depuis des années pour la contraception et l'avortement, mais dans le plus grand secret.

"Avant d'être autorisé, et bien avant mai 68, l'avortement était quelque chose d'extrèmement dangereux. Les femmes le pratiquaient dans des conditions épouvantables., avec de réels risques mortels. D'une certaine manière, celles qui défendaient ces avortements illégaux avaient donc déjà fait leur propre mai 68 un peu avant les autres."

Tout n'a évidemment pas changé du jour au lendemain, mais petit à petit, la place de la femme dans la société a donc fini par évoluer : "Durant ces évènements, une conscience de groupe a pris corps. Soudainement, chacun et chacune a pris conscience que les femmes constituaient un groupe particulier, de même que les ouvriers ou les paysans."

Pour Marianne Loupiac, le combat est loin d'être achevé pour autant. Les inégalités salariales et le harcèlement sexuel perdurent par exemple aujourd'hui. Mais cette infatiguable militante de la cause féminine croit toujours en des jours meilleurs pour la condition féminine.

"Mai-68, c'était un mouvement. Un mouvement çà marche. Et quelque fois, on parvient à atteindre certains buts. C'est d'ailleurs l'essence même de la condition humaine, de marcher. Et c'est ce qu'il y a de beau aussi."

Les souvenirs de Marianne Loupiac - Guillaume Roulland