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Société DOSSIER : Mai-68

Mai-68 dans l'Hérault : la "vocation" de Pierre Serre, directeur de la Gazette de Montpellier et Nîmes

mercredi 16 mai 2018 à 6:05 Par Guillaume Roulland, France Bleu Hérault

À l'occasion d'une semaine spéciale consacrée à Mai-68, cinq personnalités héraultaises se souviennent. Ou étaient-elles ? Quel rôle ont-elles joué ? Que reste-t-il de ces événements ? Troisième grand témoin de ce printemps agité, Pierre Serre, directeur de la Gazette de Montpellier et Nimes.

Pierre Serre, militant actif de la cause étudiante en 1968, directeur de la Gazette de Montpellier en 2018.
Pierre Serre, militant actif de la cause étudiante en 1968, directeur de la Gazette de Montpellier en 2018. © Radio France - Guillaume Roulland

Montpellier, France

Pierre Serre, fondateur et directeur de la Gazette de Montpellier et Nîmes couvre depuis plusieurs décennies l'actualité dans les deux villes. Mais il y a cinquante ans, il faisait partie de ceux qui faisaient l'actualité. Il est né à Nîmes, mais a ensuite étudié à Montpellier. En mai 68, Pierre Serre est étudiant à la faculté de lettres de l'université Paul Valéry. Le jeune homme n'était d'ailleurs pas le dernier à se montrer et à prendre la parole pour convaincre ses camarades de se joindre au mouvement. 

"On occupait la faculté très pacifiquement. Il n'y a pas eu de violences à Montpellier en 68. Je crois qu'il n'y a pas eu un seul coup de poing."

Du micro à la plume

Une photo de cette époque, publiée récemment dans les colonnes de la Gazette, montre Pierre Serre, au beau milieu d'un groupe d'étudiant grévistes, micro a la main, haranguant la foule. 50 ans après, il regarde la photo en souriant, et donne son avis sur ce jeune homme visiblement très engagé dans le mouvement.

"Ce jeune homme, je le trouve sympathique mais un peu naïf ! A l'époque, j'étais un fou de Mao. Le communisme représentait pour moi le bonheur sur terre. Mais peu à peu on a lu et on a vu ce qu'est devenu le régime soviétique. Et cela a été une très forte remise en cause."

Avant de prendre conscience que certaines idées de mai 68 n'étaient donc que pure utopie, Pierre Serre a été contraint de prendre le maquis durant l'été qui a suivi les événements. 

"Je suis allé me mettre à l'abri en Lozère au mois de juillet car le mouvement maoïste a été interdit. Et soudainement je me suis dit que ce que les gens savaient de ce que l'on avait fait, c'était totalement déformé. C'est donc cet été là que j'ai décidé de finir mes études d'histoire mais de faire ensuite des études de journalisme pour pouvoir créer un journal sur Montpellier."

Naissance d'une vocation

La désinformation, savamment organisée par le gouvernement de l'époque, semble donc être à l'origine de sa vocation de journaliste. Et 50 ans après, il porte encore un regard très aiguisé sur les derniers mouvements étudiants que certains ont été tentés de comparer avec ceux de 68. 

"Récemment j'ai été un peu surpris de voir toutes ces chaises et tous ces meubles entassés devant les entrées de l'université Paul Valéry. Nous on ne faisait pas çà à l'époque. C'était propre, on la soignait notre fac car elle était quasiment neuve. Je crois que le mouvement de 2018 a été un peu gan grainé par ces Black Blocs qui pensent surtout à casser et qui dévoient un peu le mouvement. Car les gens, en général, n'apprécie pas la violence."

Pierre Serre n'a en tout cas rien perdu de son intérêt pour toutes les formes de contestation. Il y a quelques semaines encore, il observait avec curiosité une des dernières manifestations étudiantes qui passait sous la fenêtre de son bureau de la place de la comédie.

Les souvenirs de Pierre Serre, directeur de la Gazette de Montpellier