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Société DOSSIER : Mai-68

Mai-68 dans l'Hérault : les "rondes" Paul Alliès, professeur émérite à la faculté de droit de Montpellier

jeudi 17 mai 2018 à 6:05 Par Guillaume Roulland, France Bleu Hérault

À l'occasion d'une semaine spéciale consacrée à Mai-68, cinq personnalités héraultaises se souviennent. Où étaient-elles ? Quel rôle ont-elles joué ? Que reste-t-il de ces événements ? Quatrième grand témoin de ce printemps agité, Paul Alliès, professeur émérite de droit à la faculté de Montpellier.

Paul Allies en 2018, et en mai 68 lors d'une assemblée générale à Paul Valéry
Paul Allies en 2018, et en mai 68 lors d'une assemblée générale à Paul Valéry © Radio France - Guillaume Roulland

Montpellier, France

En discutant avec ceux qui ont connu de près les événements de mai 68 à Montpellier, un nom revient souvent. Celui de Paul Alliès. L'universitaire et homme politique héraultais, né à Pézenas en 1945, a marqué les mémoires de beaucoup de personnes qui ont vécu le mouvement étudiant et ouvrier à Montpellier. Sans doute en raison d'un profil pour le moins inhabituel.

Pourchassé à coups de parapluie

Il y a cinquante ans en effet, Paul Alliès conciliait des études de droit à la faculté de Montpellier, pas franchement réputée pour être un nid de contestataires de gauche, avec un militantisme affiché au sein des Jeunesses Communistes Révolutionnaires.

Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il n'avait donc pas choisit la facilité.

"En 68, la fac de droit de Montpellier était très en retard par rapport à l'ensemble du mouvement étudiant" raconte l'ancien compagnon de route de Georges Frêche.

"La corpo de droit, qui était clairement à droite, nous empêchait de nous exprimer. On était pourchassés à coups de parapluie. C'était quand même pas le bonheur !"

Logiquement, quand les premières manifestations éclatent à Paris, Paul Alliès déserte donc les amphis de sa fac pour investir les pelouses toutes neuves de Paul Valéry. 

Car c'est là que çà se passe et que convergent, toutes les luttes.

"Le soir, avec les cheminots et les gars d'EDF, on faisait des rondes jusqu'à la Paillade pour s'assurer que tout se passait bien. On avait le sentiment qu'on avait le devoir d'assurer l'ordre public, car les flics, on ne les voyait pas beaucoup."

Des enseignants contaminés

Peu à peu, le mouvement fait tâche d'huile à Montpellier et "contamine" aussi certains professeurs, y compris jusqu'à la faculté de droit.

Paul Alliès se souvient en particulier des facéties d'un de ses enseignants, parmi les plus réputés, André Castanier.

"Il était très connu à Montpellier. Il avait aussi une vision un peu poétique et artistique des situations critiques. Au moment des événements de 68, on le voyait donc marcher sur les mains sur les quais, ce qui pour les cheminots était formidable. Un prof de droit en train de faire le cirque !"

Paul Alliès deviendra à son tour par la suite professeur à la faculté de droit de Montpellier. 

Puis le virus de la politique le rattrape. Conseiller municipal sur ses terres de Pezenas d'abord, puis conseiller régional socialiste pendant plus de 10 ans.

Celui qui a longtemps défendu aux côtés d'Arnaud Montebourg l'idée d'une VIème république semble aussi convaincu que les événements de 68 se reproduiront un jour, sans doute sous une forme différente.

"J'observe aujourd'hui qu'il y a toujours des gens toujours intéressés par le changement social, politique ou culturel. Un jour, çà éclatera de nouveau. Comme en plus avec Macron, il n'y a soit-disant plus de gauche ni de droite, vous allez voir... Je reste convaincu qu'il peut y avoir une crise du même ordre. Une crise politique, quand elle est profonde, _elle survient quand on ne l'attend pas_."

Les souvenirs de Paul Allies - Guillaume Roulland