Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société DOSSIER : Mai-68

VIDÉO - En Lorraine, Mai-68 n'a été qu'un épisode dans l'histoire des mobilisations

dimanche 6 mai 2018 à 18:06 - Mis à jour le mardi 15 mai 2018 à 17:27 Par Rachel Noël et Blandine Costentin, France Bleu Lorraine Nord et France Bleu Sud Lorraine

La Lorraine n'a pas été un haut de lieu de contestation de Mai-68. Mais la région, comme le reste du pays, a vu ses étudiants se mobiliser à Nancy et Metz. Tous les sites industriels, qu'ils soient dans les Vosges, en Moselle ou en Meurthe-et-Moselle ont eux aussi suivi le mouvement.

Les slogans étaient nombreux sur les portes des usines de Lorraine
Les slogans étaient nombreux sur les portes des usines de Lorraine - Copie d'écran Archives INA (DR)

Lorraine, France

La Lorraine n'a pas été à la pointe du combat en Mai-68, il y a 50 ans, elle s'est contentée de suivre le mouvement, avec un peu de retard sur le reste de la France. Mais comme partout dans le pays, les étudiants, les fonctionnaires puis l'ensemble des sites de production se sont retrouvés à l'arrêt

Les étudiants, premiers mobilisés

Alors que les premiers défilés et manifestations ont débuté depuis plusieurs jours dans le reste de la France, à Nancy, il faut attendre le 7 mai pour que les premiers rassemblements aient lieu. La première manifestation est organisée à la faculté de lettres. 600 étudiants occupent les locaux où ils installent une banderole "Nancy solidaire". En 1968, les étudiants sont 21.000 à fréquenter le Campus. Un meeting a lieu à la même date sur le campus du Saulcy à Metz pour demander la création d'une université avec cycle complet. A l'époque, il est impossible de suivre un troisième cycle à Metz.

A la mi-mai, la faculté de droit de Nancy est occupée, alors qu'en médecine et en pharmacie, les étudiants suivent encore les cours. Le 17 mai, c'est la bascule, 83% des étudiants votent le report des examens.

A partir de la mi-mai, la convergence va s'opérer avec le monde ouvrier. La salle Poirel est investie et deviendra l'un des hauts lieux de discussion. "Occupation permanente et pacifique", c'est la banderole qui est déployée de manière permanente sur la façade. Pendant des jours se tiendra un forum permanent où ouvriers, employés et étudiants échangent.

Le 24 mai, la Lorraine vit un épisode qui fera date. Daniel Cohn-Bendit, leader étudiant alors expulsé de France, passe la frontière allemande à Forbach. Il restera à peine plus d'une heure en France.

Le monde du travail entre en scène

Les mineurs de charbon de Moselle Est sont les premiers à se mobiliser. Le 11 mai, ils sont 10 000 dans les rues de Forbach. Ils réclament une politique charbonnière au niveau national et l'industrialisation du bassin.

C'est avec la grève générale et la manifestation massive du 13 mai que les autres usines de Lorraine entrent dans la grève. Ils sont des milliers dans les rues de Metz, 1 500 à Epinal et près de 15 000 place Carnot à Nancy. Dans le Pays Haut, des manifestations et meeting se tiennent sur les différents sites à Micheville, Aubrives, Droitaumont, Jarny ou encore Giraumont. L'usine d'embouteillage de Contréxville, qui emploie 1.700 salariés se met en grève illimitée. A l'usine Claas de Saint-Rémy en Moselle, la grève générale est votée. Les salariés de la fonderie d'Ars-sur-Moselle seront les premiers à occuper leur usine à compter du 16 mai.

Manifestation à Forbach en mai 68. - Aucun(e)
Manifestation à Forbach en mai 68. - Capture d'écran vidéo INA

Deux jours plus tard, ce sont les cheminots qui suivent. Les gares de Nancy et Metz sont fermées et occupées, tout comme celles d'Epinal et Saint-Dié. Ce sera le cas aussi à Longwy ou Thionville. Les gaziers, les postiers et la fonction publique suivront.

Les sidérurgistes entrent dans la danse

Les sidérurgistes arrivent tard dans le mouvement, marqués par les grèves des années précédentes. Mais à partir du 19 mai, tous les sites vont suivre. L'arrêt total est décidé chez Solac. C'est aussi le cas aussi aux aciéries de Pompey, ou encore chez Usinor à Longwy. Le 22 mai, la dernière usine encore en activité, celle de Neuves-Maison entre dans la grève.

Les manifestations sont quotidiennes, mais les plus importantes ont lieu le 29 mai. 5 000 personnes défilent à Metz. Il seront 25 000 à Nancy à défiler de la place Carnot à la place Stanislas.

Après le 30 mai, l'annonce de De Gaulle de se maintenir et de dissoudre l'Assemblée nationale, le mouvement va se déliter.  Les sites vont peut à peu reprendre le travail, notamment aux Houillères et dans la sidérurgie. La salle Poirel de Nancy est évacuée dans le calme par les CRS.

Le 1er juin, ce ne sont plus les ouvriers et les étudiants qui défilent, mais les gaullistes qui se rendent en masse dans les rues. Ils sont 5 000 à Nancy et 10 000 à Nancy.

Quelques jours plus tard, les postiers et gaziers, puis les sidérurgistes, et enfin les enseignants reprennent le travail. Les soudières et Solvay seront les derniers à reprendre le 10 juin.