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Société DOSSIER : Mai-68

A ECOUTER Mai 68 en Picardie, une chronique quotidienne d'Annick Bonhomme

lundi 21 mai 2018 à 10:53 Par Véronique Houdan et Annick Bonhomme, France Bleu Picardie

Le mouvement Mai-68 arrive en Picardie fin avril-début mai à l'université d'Amiens. Il sera suivi par les grèves des ouvriers à partir du 16 mai. Annick Bonhomme retrace pour vous la vie picarde de ces années là avec des étudiants, des ouvriers de l'époque.

Amiens- Mai 68
Amiens- Mai 68 - INA

Mai-68 : un grand mouvement de contestation envahit les rues. Le mouvement est né dans les universités mais les ouvriers ont emboîté le pas aux étudiants.
Du 7 mai au 20 mai, France Bleu Picardie vous propose un rendez-vous quotidien pour se souvenir comment les picards de l'époque ont  vécu ce mouvement. La chronique Mai-68 est à écouter du lundi au vendredi à 7h50 et 15h45. Une rediffusion est également programmée les dimanches 13 et 20 mai de 9h à 10h.
Annick Bonhomme a retrouvé et rencontré pour vous des participants à Mai-68. Ils étaient lycéens ou étudiants, ou déjà dans la vie active. Chaque chronique est illustrée par des extraits d'archives d'époque ainsi qu'avec les chansons de l'époque : "Revolution" des Beatles, "Fais pas ci, Fais pas ça" de Jacques Dutronc, "A bicyclette" d'Yves Montand et bien d'autres.

Les chroniques Mai-68 en Picardie

  • Vendredi 18 mai

Au mois de mai 68, la France qui s'est arrêtée de travailler comptera jusqu'à 8 millions de grévistes le 22 mai. S'en suivront les accords de Grenelle et le retour au travail au courant du mois de juin. 50 ans après, quel regard porte Jean-pierre Garcia, le fondateur du Festival international du film d'Amiens,  sur cette période ?

D'une certaine manière on a contribué à rendre la société assez ouverte pour permettre toutes les modifications qui ont suivi dans les années suivantes.

Jean-Pierre Garcia - Mai 68 en Picardie

Verbatim
Jean-Pierre : "Ce qui est vraiment important dans l'apport de mai 68 pour moi, mais pas seulement pour moi, sur l'ensemble du mouvement tel que j'ai pu le voir au fil des ans, c'est justement la prise de parole. Ca c'était traduit de manière très précise avec des rituels : assemblées générales,  motions etc. Mais aussi prise de parole après, dans des secteurs d'activités qui nous intéressaient, qui nous passionnaient. Pour certains c'était la culture, pour d'autres c'était à l'intérieur de la culture la musique, dans le cinéma, la littérature. Ils se sont créés plein plein plein de groupes, de structures, d'associations, de moyens de mise en forme de cette prise de parole."
Annick : "C'est d'ailleurs un peu plus de 10 ans après que Jean-Pierre Garcia fondera le Festival international du film d'Amiens. Et le mois de mai c'est aussi celui du Festival de Cannes qui lui a débuté le 10. [archive radio]Il se verra contraint d'arrêter 8 jours plus tard. Mais revenons-en à Amiens avec Jean-Pierre Garcia qui je vous le rappelle est étudiant en 68. Si l'une des motivations de ces jeunes est de mettre en avant que garçons et filles puissent se rendre visite, le courant qui passe est une volonté de changer la société la société."
Jean-Pierre : "C'était clair que c'est la société qu'on voulait changer mais quand on additionne la question de la relation aux filles, de la possibilité de se rendre visite, la possibilité d'être autonome par rapport à une autre fac qui veut toujours nous chapeauter alors que ça n'a plus de raison d'être, quand on parle de la liberté d'expression politique aussi,  on est en train de mettre en cause beaucoup de choses. Et après quand on se pose la question de la sécurité sociale indirectement, les droits à la santé, et la lutte pour le droit d'avortement va venir aussi, va surgir de tout ça. C'est des faits de société très, très importants, fondamentaux qui vont se retrouver modifiés dans les années qui vont suivre et petit à petit.
On n'en n'avait pas tous, et rares étaient ceux qui en avaient vraiment conscience, mais il valait mieux peut-être voir les choses à un niveau très petit et après faire un pas, en faire un autre et un autre. Après on s'aperçoit que c'était une modification beaucoup plus globale qui allait rencontrer des modifications techniques. On va passer de la caméra 35 mm à la caméra numérique,  on va passer du 33 tours au CD... tout ça petit à petit mais en fait on posait les bases de tous ces changements.  D'une certaine manière on a contribué à rendre la société assez ouverte pour permettre toutes les modifications qui ont suivi dans les années suivantes. Donc nombre de modifications de votre jeunesse en fait on les a portées sans en avoir véritablement conscience, à cause des matraques que Peyrefitte et les autres ont sorti trop violemment et trop bruyamment."

  • Jeudi 17 mai 

En 1936 le Front populaire a fait voter la semaine de 40 heures pour certains salariés. En 68 le compte n'y est toujours pas. Les conditions de travail, la montée du chômage et le montant du salaire minimum vont faire partie des revendications des ouvriers salariés. Jean-Marie Carré a 25 ans, il est cheminot à la SNCF et en 68 la grève aussi sera votée avec des revendications précises.  

Je me rappelle quand les anciens qui étaient délégués ils ont été dire "bon ben ça y est on reprend le travail" au chef d'arrondissement exploitation, et bien il avait son pistolet sur le bureau qu'ils nous ont raconté les copains.

Mai 68 en Picardie : Jean-Marie Carré est alors cheminot à la SNCF

La chronique de ce jeudi 17 mai en détails : Mai 68 en Picardie

  • Mercredi 16 mai

Patrick Kazsmareck a 15 ans et demi en 1968. Il habite en face de la maison de la culture où les discussions, les débats vont bon train. Il assiste à un brassage culturel, intellectuel et artistique qui lui fait découvrir le monde ouvrier.

On a été porteur de quelque chose après 68.  Moi je suis un enfant de mai 68.  Il n'y a pas que moi, on est toute une génération de mai 68. Et c'est pour ça que mai 68 fait peur.

Mai 68 avec Patrick Kazsmareck

La chronique de ce mercredi 16 mai en détails : Mai 68 en Picardie

  • Mardi 15 mai

"Regardez attentivement ce qui se passe ici parce que cela pourrait très bien se reproduire à l'échelle nationale. Nous avons affaire à une grève extrêmement déterminée de jeunes ouvriers mais aussi des agriculteurs, d'enseignants et d'étudiants." Voilà ce que dit le préfet du Calvados en janvier-février 68. En remontant les souvenirs de Jean-Marie Carré, cheminot à Amiens en 68 on prend la mesure que cette montée du mécontentement existe aussi en Picardie

Ils m'ont dit dans le wagon : 'Tu ne partiras pas demain, on bloque tout'. Le lendemain on a attendu puis nous on a rapatrié [...]  Quand je suis rentré à Amiens, le dépôt était occupé. Les chefs de dépôt, l'ingénieur chef de dépôt de Longueau,  tout ça c'était dehors."

Mai-68 en Picardie - Jean-Marie Carré est cheminot à Amiens

La chronique de ce mardi 15 mai en détails : Mai 68 en Picardie

  • Lundi 14 mai

Dans la Somme comme partout en France, mai 68 se vit entre assemblées générales, manifs et grèves. Côté manif Jean-Pierre Garcia, étudiant en droit à l'époque, se souvient du parcours de ces manifs, et particulièrement celle du 13 mai. Élise Bourgeois qui travaille aux Archives départementales de la Somme, raconte comment Claude Dewaele, un ouvrier de Ferrodo, va collecter absolument tout.

Claude Dewaele a la conscience au sein de l'usine qu'il est en train de se passer des choses historique et il veut garder la mémoire de ce qui se passe. Il va collecter absolument tout : les tracts, les affiches [...]Surtout il capte les discours qui ont lieu dans les usines.

Mai-68 Jean-Pierre Garcia et Elise Bourgeois

La chronique de ce lundi 14 mai en détails : Mai 68 en Picardie

  • Vendredi 11 mai

En mai 68, la Maison de la Culture d'Amiens a deux ans. Même si elle accueille les débats elle est aussi remise en question dans son fonctionnement, pas suffisamment démocratique, et ce n'est pas simple à vivre pour le personnel comme nous le raconte Jean-Marie Lhote à l'époque adjoint au directeur Philippe Thierry. Ce qui est sûr c'est que c'était un lieu de découverte pour les lycéens, comme Patrick Kaszmareck et les étudiants.

" Pendant vingt ans, Amiens était en convalescence et en somme la maison de la culture c'est un peu la renaissance."

Jean-Marie Lhôte adjoint au directeur de la maison de la culture et Patrick Kaszmareck lycéen

La chronique de ce vendredi 11 mai en détails : Mai 68 en Picardie.

  • Jeudi 10 mai

Le mouvement du 22 mars qui va déboucher sur Mai 68 est parti de la faculté de Nanterre. A Amiens Jean-Pierre Garcia l'un des fondateurs du Festival international du film, alors étudiant en droit s'en souvient et raconte comment les profs ont rejoint les élèves dans les manifs.

Jean-Pierre Garcia : en mai 68, il est étudiant

Et dans les profs qui manifestaient,  il y avait Robert Badinter qui à l'époque était prof de droit commercial sur Amiens et également Jean-Pierre Cot, qui était un des profs de sociologie politique

La chronique de ce jeudi 10 mai en détails : Mai 68 en Picardie

  • Mercredi 9 mai

Le comité d'organisation de cette réunion a décidé de s'ériger en contre-poids du conseil d'administration officiel et de dire "voilà, c'est nous qui allons organiser et décider de la maison de la culture"

En 1968 la maison de la culture d'Amiens a à peine 2 ans et est devenue le lieu emblématique en ce mois de mai. Que ce soit devant ou à l'intérieur, c'est là qu'on se réunit pour organiser la lutte.  Jean-Marie Lhôte est adjoint au directeur, le bras droit de Philippe Thierry. Il deviendra directeur de la Maison de la Culture en 1982. Il  a 92 ans aujourd'hui et sa mémoire est encore vive. 

Jean-Marie Lhôte adjoint au directeur de la MACU en 68

La chronique de ce mercredi 9 mai en détail: Mai 68 en Picardie.

  • Mardi 8 mai

Moi je suis un enfant de Mai 68[...] "Surtout demandez l'impossible", "Il est interdit d'interdire",  tous ces trucs-là je l'ai vécu de manière charnelle dans le cadre de l'occupation de la Maison de la Culture."

Rencontre avec Patrick Kaszmareck, médecin généraliste à Amiens. Il n'était pas étudiant à l'époque, il était en seconde donc il avait quinze ans et demi. A Amiens il n'y avait pas de barricade mais des occupations. Patrick Kaszmareck, qui habite juste en face de la Maison de la Culture, va participer à son occupation. Il gardera son engagement politique et rentrera au Parti Communiste en 1974. Mais en 1968, il découvre la vie.

Mai 68 en Picardie - Patrick Kaszmareck

La chronique de ce mardi 8 mai : Mai 68 en Picardie

  • Lundi 7 mai  

"Il y avait des choses beaucoup plus terre-à-terre comme la réalité de la vie sur le campus et des droits que nous, étudiants, réclamions sur le campus"

Rencontre avec Jean-Pierre Garcia, créateur du festival du FIFAM (Festival International du Film d'Amiens). En mai 68, Jean-Pierre a 20 ans et il est étudiant en droit. Il avait dejà une conscience politique puisque participant à l'UNEF et notamment des questions internationales (à l'époque c'est la guerre du Vietnam). Jean-Pierre se souvient aussi de sa rencontre avec Pierre Mallet, l'écrivain, alors recteur de l'université de Picardie.

Jean-Pierre Garcia, créateur du festival du FIFAM, étudiant en droit en 68

La chronique de ce lundi 7 mai : Mai 68 en Picardie