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Société
Dossier : Mai-68

Mai-68 : le 22 mars à la fac de Nanterre, la naissance du mouvement de révolte des étudiants

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Le 22 mars 1968, il y a 50 ans, 142 étudiants occupent une tour de la faculté de Nanterre, à l'ouest de Paris. Ils protestent contre l'arrestation de manifestants contre la guerre du Vietnam. Le mouvement, qui porte d'autres revendications, s'amplifie, migre vers La Sorbonne et débouche sur Mai-68.

Des étudiants de la fac de Nanterre occupent, le 29 mars 1968, le campus de leur université.
Des étudiants de la fac de Nanterre occupent, le 29 mars 1968, le campus de leur université. © AFP - Archives

Si Mai-68 a ébranlé, puis durablement changé la société française, le point de départ du mouvement de révolte des étudiants a lieu le 22 mars 1968 : ce jour-là, 142 étudiants occupent une tour de la faculté de Nanterre, pour protester contre les arrestations de manifestants contre la guerre du Vietnam. Une occupation qui va déboucher sur le "Mouvement du 22 mars", puis sur Mai-68, le plus grand mouvement social français du XXè siècle.

Le 22 mars 1968, occupation et "manifeste des 142"

Le 22 mars 1968, une poignée d'étudiants envahit la tour administrative de la faculté de lettres de Nanterre. Ils protestent contre l'arrestation de camarades des "comités Vietnam", qui ont brisé des vitres de l'entreprise financière American Express la nuit précédente à Paris, pour protester contre la guerre du Vietnam et l'impérialisme américain. 

Daniel Cohn-Bendit, jeune allemand né en France, étudiant en sociologie, mène la fronde de ces  "enragés". A ses côtés, Jacques Sauvageot, du syndicat étudiant Unef, et Alain Geismar, secrétaire général du Snes-up, syndicat de l'enseignement supérieur, maître assistant à l'époque. 

Ce soir-là, une commission rédige le "manifeste des 142". Le texte reprend l'essentiel des revendications portées par les étudiants depuis un an : l'anti-impérialisme, l'université-carcan, les listes noires et la répression.

Les étudiants réclament l'accès au dortoir des filles 

Si le mouvement éclate ce jour-là, le feu couve depuis plusieurs mois à la fac de Nanterre. Les étudiants réclament un droit de visite dans les dortoirs des filles de la résidence universitaire. 

"Tout ça, c'est parti d'une affaire banale", rappelle le sociologue Michel Fize. "Les garçons réclamaient de pouvoir rendre visite aux filles dans leur dortoir, alors que c'était interdit." Le 21 mars 1967, un an presque jour pour jour avant le 22 mars 1968, 60 étudiants investissent un pavillon de la cité universitaire réservé aux étudiantes : ils revendiquent "la libre circulation" dans l'ensemble de la résidence universitaire. "Les étudiants voulaient faire sauter le règlement", explique Michel Fize. 

Dans le sillage de cette réclamation, "les étudiants revendiquent la rénovation de l’université, qui à l'époque est un monde clos, avec un très grand pouvoir accordé aux professeurs agrégés, titulaires de leur chaire," rappelle le sociologue. "Les maîtres assistants avaient beaucoup de travail et pas de reconnaissance." Parmi eux, Alain Gesmar, qui relaye la contestation dans le milieu enseignant. Après le 22 mars, "en un bon mois et demi, les incidents se succèdent à la faculté de Nanterre," poursuit Michel Fize. 

Nanterre ferme, le mouvement se déporte à la Sorbonne 

Le 2 mai 1968, devant la contestation toujours plus grande, le doyen de la faculté de Nanterre ferme l'université. Le lendemain, les étudiants en révolte migrent vers La Sorbonne, prestigieuse université parisienne. Ils en sont brutalement évacués le soir même par la police. En cette soirée du 3 mai 1968, les premiers affrontements entre étudiants et forces de l'ordre éclatent sur le boulevard Saint-Michel à Paris. Les manifestations se soldent par 600 interpellations, et donnent le coup d'envoi de l'embrasement, signant le début de Mai-68.

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