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Société DOSSIER : Mai-68

Mai-68 – Le haut-savoyard Hervé Chamosset était à Paris : "j’ai pris un pavé et j’ai dit : aux barricades !"

mercredi 9 mai 2018 à 22:06 Par Richard Vivion, France Bleu Pays de Savoie

En mai-68, Hervé Chamosset était étudiant à Paris. Cet habitant de Saint-Gervais se souvient parfaitement de "la nuit des barricades" (du 10 au 11 mai 1968). "Un nuit magique", raconte celui qui a été l’un des premiers à lancer l’idée des barricades.

(Saint-Gervais) Hervé Chamosset a particpé à la nuit des barricades en mai 1968. Le haut-savoyard est l'un des premiers à avoir lancé l'idée des barricades.
(Saint-Gervais) Hervé Chamosset a particpé à la nuit des barricades en mai 1968. Le haut-savoyard est l'un des premiers à avoir lancé l'idée des barricades. © Radio France - Richard Vivion

Haute-Savoie, France

Il en parle avec nostalgie. "Mai-68 c’était d’abord du romantisme", affirme Hervé Chamosset. Ancien professeur d’arts plastiques dans un lycée de la vallée de l’Arve, il ressort avec gourmandise les dessins qu’il a fait il y a cinquante ans. Une BD en noir et blanc, une trace de la nuit du 10 au 11 mai 1968. On y découvre deux jeunes étudiants, lui et une jeune fille enjambant un amoncellement de pavés. Il a aussi croqué des voitures renversées et des portraits de CRS. 

Hervé Chamosset (Saint-Gervais) a dessiné sa nuit du 10 mai 1968.  - Aucun(e)
Hervé Chamosset (Saint-Gervais) a dessiné sa nuit du 10 mai 1968. - Hervé Chamosset

En rigolant j’ai pris un pavé et j’ai dit : "aux barricades !" J'avais déclenché quelque chose et je ne pouvais pas revenir en arrière." - Hervé Chamosset (Saint-Gervais) 

ECOUTEZ - Hervé Chamosset raconte son mai 68. Cet habitant de Saint-Gervais était à Paris lors de la nuit des barricades (10 au 11 mai 1968).

Pavés et flirt 

"A cette époque, J’étais aux beaux-arts à Paris. Le soir du 10 mai, on manifestait pour demander la libération de plusieurs étudiants arrêtés par la police. On criait : «libérez nos camarades». C’était sympathique. Les filles étaient belles, il faisait beau. On n’aurait pas pu faire ça au mois de décembre." Et puis, tout s’est emballé. Hervé Chamosset se souvient. "Les CRS nous ont poussé jusqu’au Luxembourg et là, à un feu rouge, il y avait des travaux… et des pavés." A l'époque, le garçon est potache. "J’étais un gamin et en rigolant j’ai pris un pavé et j’ai dit : aux barricades !" Et voilà comment, en début de soirée ce 10 mai 1968, la nuit des barricades a débuté. "En quelques minutes seulement des barricades ont été construites, certaines montaient jusqu’au 2e étage des immeubles." 

Mais vers 2 heures du matin, les CRS ont chargé. "On était bloqué. Et avec les fumigènes je n’y voyais plus rien." L’étudiant des beaux-arts essaye alors de quitter la zone des affrontements entre étudiants et forces de l’ordre. "Une petite nana que j’avais rencontré un peu plus tôt, je l’avais surnommée «le Che», m’a pris par la main et on est parti." Le coupe de se réfugie alors dans un appartement. "Et puis, on a flirté", sourit Hervé Chamosset. "Cette nuit-là, c’était fabuleux !  Surréaliste, à la Fellini."

Chez lui à Saint-Gervais, Hervé Chamosset conserve un souvenir de son mai 68. Un pavé ramassé rue Gay-Lussac à Paris.  - Radio France
Chez lui à Saint-Gervais, Hervé Chamosset conserve un souvenir de son mai 68. Un pavé ramassé rue Gay-Lussac à Paris. © Radio France - Richard Vivion

Romantique et politique 

Cinquante ans plus tard, il conserve précieusement, dans le sous-sol de son chalet à Saint-Gervais, un pavé de la rue Gay-Lussac. "Mai-68, c’était du romantisme", insiste l’ex soixante-huitard.Un peu politique aussi. "L’ORTF, les privations de liberté, tout ça… moi, cela ne me convenait pas", conclut celui qui aujourd’hui continue de s’indigner contre par exemple, la pollution dans la vallée de l’Arve. Une lutte qu’il mène non plus avec des pierres mais au-travers de ses peintures et sculptures.