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Société DOSSIER : Mai-68

Mai-68 vu par Jean Belin, jeune syndicaliste à l’époque, historien social aujourd’hui à Dijon

dimanche 6 mai 2018 à 18:06 Par Jacky Page, France Bleu Bourgogne

Il y a 50 ans, les événements de Mai-1968 avaient changé la donne sociale en France. D’abord étudiant, le mouvement s’était étendu au monde ouvrier. Jean Belin avait alors 22 ans. Ce Dijonnais est aujourd’hui président de l’Institut d’Histoire Sociale CGT de Côte-d’Or.

Jean Belin parmi les archives de l'Institut d'histoire sociale de Côte-d'Or, qui conserve des photos et tracts de mai 68.
Jean Belin parmi les archives de l'Institut d'histoire sociale de Côte-d'Or, qui conserve des photos et tracts de mai 68. © Radio France - Jacky Page

Dijon, France

Née sur les campus parisiens, la contestation de Mai-1968 avait rapidement gagné la province. Avec, dès le 6 mai à Dijon une première manifestation d'étudiants. Mais un mouvement d’étudiants non-grévistes, proclamant "pas de Nanterre à Dijon", s’était mis en place, avec son propre défilé. A Dijon cependant, Mai-68 s’était distingué des événements parisiens par un refus des affrontements.

Ici comme ailleurs, les salariés étaient entrés dans la danse. Les cheminots de Dijon avaient ouvert le bal le 17 mai, suivis les jours suivants par ceux d’EDF, ou encore de Parvex. Jean Belin, alors âgé de 22 ans, travaillait au centre de tri postal de Dijon. Jeune militant de la CGT, il avait fait grève 18 jours, et allait dans des entreprises où les syndicats n’étaient pas présents pour aider les ouvriers à gérer le conflit.

50.000 grévistes, et 150 entreprises occupées en Côte-d'Or

Ces événements dit-il, correspondaient aux attentes de la jeunesse, étudiante ou ouvrière : « on a eu une envie très forte que ça débouche sur des succès revendicatifs […] notamment sur des questions cruciales, et qui concernaient particulièrement la jeunesse, les salaires, beaucoup de retard, l’emploi, le chômage se développait, on avait du mal à trouver des emplois, même si c’était moins compliqué qu’aujourd’hui. Il y avait aussi des questions citoyennes. Le droit de vote n’était qu’à 21 ans, et on revendiquait le droit de voter à 18 ans ».

Jean Belin rappelle que les années qui avaient précédé avaient été marquées par de nombreuses grèves. La colère grondait et ne demandait qu’à s’exprimer, sur des questions de salaires, de droit syndical, de sécurité sociale aussi. Au plus fort du mouvement, on comptera en Côte-d'Or 50.000 grévistes et 150 entreprises occupées. Pour certains, la grève sera longue. Chez Peugeot, elle durera 32 jours avant que les revendications soient entendues.

Des revendications satisfaites

Mais tout cela en valait la peine. 35% d’augmentation du SMIC, des hausses de salaires entre 10 et 15% selon les professions.  Et puis le droit syndical dans l’entreprise, la possibilité d’y discuter de revendications dans des locaux fournis par l’employeur. Jean Belin rappelle que le mouvement a eu des suites : « notamment pour les droits des femmes, le droit à l’avortement, et bien d‘autres encore. Tout ça fait partie des acquis de Mai-68. »

L’Institut d’histoire sociale 21 que préside Jean Belin, aujourd'hui l'Institut d'histoire sociale CGT de Côte-d'Or. L'institut puise dans ses archives pour préparer une publication sur les événements de 68 dans le département. Il organisera par ailleurs une table ronde le 22 mai à la Bourse du travail, avec des acteurs de l’époque, anciens étudiants, universitaires, militants syndicaux.