Société

Malaise à la crèche d'Aigurande : plusieurs salariées en arrêt pour souffrance au travail

Par Sarah Tuchscherer, France Bleu Berry dimanche 18 décembre 2016 à 14:34

Le multi-accueil d'Aigurande existe depuis une dizaine d'années
Le multi-accueil d'Aigurande existe depuis une dizaine d'années © Radio France - Sarah Tuchscherer

Début décembre, l’ensemble du personnel du multi-accueil « Les p’tits patins » d’Aigurande s’est retrouvé en arrêt maladie. Certaines salariées se plaignent d’une ambiance de travail exécrable.

Le 8 décembre dernier, l’accueil des enfants n’a pas pu être assuré à la crèche d’Aigurande car la totalité du personnel s’est retrouvé en arrêt maladie simultanément. Un hasard ? Pas tout à fait, aux dires de deux des salariées. Selon elles, l’ambiance de travail, très dégradée, les aurait poussées à se mettre en arrêt.

Manque d'empathie et de bienveillance

La situation n’est pas nouvelle, le climat tendu serait au sein de l'équipe mais aussi avec la hiérarchie depuis des années. Une ancienne éducatrice, ayant aujourd’hui quitté la structure, témoigne. Elle met notamment en cause deux de ses collègues, une des membres de l'équipe d'animation et une autre chargée de l’entretien du bâtiment : "On se rendait compte que le sol n’était pas nettoyé et que les enfants étaient sales. Leur toilette n’était pas faite correctement. Le volume sonore était également très élevé à la crèche. Face à un enfant qui crie, on crie plus fort que lui. A un enfant qui dit non, on répond si, non si non si… et ainsi de suite, au point qu’on ne sait plus qui était l’enfant et qui était l’adulte. Quand l'accueil se fait dans des conditions d'hygiène peu satisfaisantes, quand certaines professionnelles n'ont pas les compétences de base d'empathie et de bienveillance, c'est préjudiciable pour les enfants".

Un dialogue compliqué avec la hiérarchie

La jeune femme a tenté d’alerter ses supérieurs, mais, dit-elle, "rien ne changeait". Les deux personnes dont la qualité du travail est remise en cause se trouvent être de proches parentes du directeur des services de la Communauté de Communes de la Marche Berrichonne, en charge de la structure. Les relations de la salariée avec sa direction se sont progressivement détériorées, "la hiérarchie exprimait de la colère envers moi, une colère non justifiée" raconte-t-elle, jusqu’à ce qu’elle craque et tombe en arrêt maladie. Son CDD n’a pas été reconduit.

"La continuité du service assurée"

La Communauté de Communes de la Marche Berrichonne n’a pas souhaité répondre à nos questions. Elle souligne que l’accueil des enfants est à nouveau assuré, grâce à l’embauche de deux remplaçants. Le Conseil départemental de l’Indre qui, par le biais de la protection maternelle et Infantile (PMI) a un regard sur les structures d’accueil de la petite enfance, fait pour sa part savoir qu’il a demandé au gestionnaire de le tenir informé des moyens mis en œuvre pour assurer la continuité de l’accueil au sein de la crèche.