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Société

Malaise à la médecine du travail de Reims après deux suicides

lundi 29 août 2016 à 6:00 Par Sophie Constanzer, France Bleu Champagne-Ardenne

Deux infirmières santé au travail de Reims se sont suicidées à 3 semaines d'intervalle seulement. Les suicides ont eu lieu au domicile des deux femmes, mais des salariés de la médecine du travail de Reims dénoncent un malaise dans la structure.

Une cellule psychologique a été mise en place au sein de la structure.
Une cellule psychologique a été mise en place au sein de la structure. © Maxppp - Maxppp

Reims, France

"Ca m'a troublé, ça m'a ému, j'étais en colère...", souligne d'emblée l'une des salariées de la médecine du travail à Reims qui a accepté de témoigner, anonymement. Voilà ce qu'elle a ressenti quand elle a appris le suicide de deux de ses collègues du service médical Interprofessionnel de la Région de Reims (SMIRR). Deux infirmières santé travail -sur les 5 que compte le service- se sont suicidées à moins de 3 semaines d'intervalle cet été. La première âgée de 51 ans s'est donné la mort le 23 juillet, et la seconde âgée de 46 ans a été retrouvée morte le 13 août dernier.

Il y avait peut être des signes et on en a pas tenu compte -- un salarié du SMIRR

Les deux suicides n'ont pas eu lieu sur le lieu de travail mais soulèvent des questions selon cette salariée : "c'est deux suicides en très peu de temps, deux femmes qui avaient la tête sur les épaules, qui étaient compétentes, et surtout l'une pour qui il y avait peut être des signes et on en a pas tenu compte". Car l'infirmière santé travail âgée de 46 ans qui s'est donné la mort le 13 août dernier, était revenue depuis peu de temps d'un arrêt de travail de plusieurs mois, après avoir dénoncé le harcèlement dont elle était victime.

Témoignage de deux salariés de la médecine du travail.

Un CHSCT extraordinaire prévu lundi à la médecine du travail de Reims 

Une cellule d'accompagnement psychologique a bien été mise en place par la direction du service médical interprofessionnel de la Région de Reims (SMIRR) dès l'annonce du premier suicide, mais cet autre salarié estime qu'il y a un malaise au sein de la structure et qu'une enquête est nécessaire : "pas tellement pour chercher un coupable mais chercher à éviter que ça ne recommence, c'est ça notre objectif... c'est ce qu'on fait tout le temps dans nos entreprises...".

Un comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire a eu lieu ce lundi. Un CHSCT qui aurait servi à entériner les mesures déjà prises :mise en place d'une cellule d'accompagnement psychologique et la création de groupes d'écoute.