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Malgré les promesses, le bidonville de Celleneuve n'a toujours pas disparu à Montpellier

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Par , France Bleu Hérault

Fin novembre 2017, la préfecture de l'Hérault et la Métropole de Montpellier annonçaient de concert un démantèlement du bidonville de Celleneuve pour le printemps 2018. Un an plus tard, rien n'a changé. Pire, ce camp peuplé de familles Roms continue de s'étendre. Les riverains n'en peuvent plus.

Le camp est installé en contrebas de la rue du Pilory, à Montpellier
Le camp est installé en contrebas de la rue du Pilory, à Montpellier © Radio France - Marie Rouarch

"Nous sommes oubliés, les oubliés de Celleneuve". C'est avec beaucoup de lassitude dans la voix que Sébastien s'exprime. Chaque jour, il voit depuis ses fenêtres les abris de fortune où vivent plus de 180 personnes dans le camp de Celleneuve. Le bidonville devait être démantelé au printemps dernier et les familles de Roms relogées. Mais un an plus tard, rien ou presque n'a bougé.

Depuis son salon, au quatrième étage, Sébastien a une vue plongeante sur le bidonville. Il est en colère, très en colère. Parce qu'à la pollution visuelle, aux nuisances sonores, aux problèmes sanitaires sur le camp, aux rats qui pullulent, s'ajoutent les nuages de fumées toxiques qui s'infiltrent partout. Les Roms brûlent des pneus, des gaines électriques pour récupérer le métal. "Il y a des moments où on a du mal à respirer, ça nous prend à la gorge, chez nous, à l'intérieur de la maison, fenêtres fermées, les aérations scotchées. Quand on sait que ces fumées peuvent entraîner des cancers, des maladies respiratoires, on est très inquiets."

Ma voiture, quand je la démarre, que je mets la clim, eh bien j'ai l'odeur de la fumée qui se répand à l'intérieur, c'est de la folie - Sébastien, riverain de Celleneuve

Dominique, elle, souffre justement de problèmes respiratoires. Elle a installé chez elle un capteur qui mesure la concentration de particules dans l'air, avec certains jours des taux trois à quatre fois supérieurs à la normale ! "J'étouffe, ça me gêne vraiment. On aimerait avoir une qualité de vie juste normale, un air sain et pur", explique-t-elle.

Dominique a bien essayé de quitter Celleneuve il y a trois ans, mais son appartement est invendable

Impossible de quitter Celleneuve

Les locataires déménagent les uns après les autres. Impensable pour Sébastien ou Dominique. Leurs appartements ont perdu un tiers de leur valeur à cause de la présence du camp et de l'incertitude quant à son avenir. Ils sont invendables ou à perte. Dans le quartier, ils sont loin d'être les seuls riverains à s'insurger contre les conditions de vie de ces Roms : "comment peut-on, en 2019, à Montpellier, laisser vivre autant de gens, des familles, des enfants, dans de telles conditions ?"

Cette situation, "c'est du provisoire qui dure", regrette Dominique. Trop longtemps. D'autant qu'en novembre 2017, la préfecture de l'Hérault et la métropole de Montpellier annonçaient le prochain démantèlement de ce camp, pour le printemps 2018. "Ce délai était trop ambitieux", relève Christophe Perrin, délégué national en région Languedoc-Roussillon pour la Cimade, association qui intervenait jusqu'au 31 décembre dernier auprès des Roms de ce camp. Ce dossier "a pris du retard", reconnaît la préfecture de l'Hérault. 

En fait, ces Roms doivent être déplacés vers un "espace de transition" rue de Bionne, à Montpellier toujours. Mais deux recours ont été déposés devant le tribunal administratif par des riverains de ce secteur, notamment contre le permis de construire pour ce lieu. La métropole souhaite donc purger tous ces recours avant d'engager les travaux de viabilisation du terrain qu'elle met à disposition pour l'accueil de ces familles. "De ce fait, son ouverture devrait avoir lieu au début du mois d'avril 2019", explique la préfecture. 

Le camp continue de s'agrandir

Pour les riverains, préfecture et Métropole ne font que se renvoyer la balle. Ils craignent que la situation s'éternise, eux qui ont le sentiment d'une injustice, d'un terrible statu-quo. "Mais on ne peut pas dire que rien n'a été fait", s'insurge Annie Yague, vice-présidente de la Métropole de Montpellier, "le travail social mené par les associations continue en attendant". "Sur ce camp, certains Roms travaillent. Ils ont donc des revenus pour pouvoir financer un logement", explique Christophe Perrin, pour la Cimade. Selon les chiffres des autorités, neuf ménages dans ce cas, soit une trentaine de personnes, se sont déjà vus attribuer un logement social.

La municipalité et la préfecture ont bien la volonté de trouver une solution pour ces familles, explique l'élue montpelliéraine Annie Yague

L'ouverture de l'espace de transition de Bionne ne sera toutefois pas la solution miracle pour le bidonville de Celleneuve. Depuis les annonces des autorités, d'autres familles sont venus s'installer dans ce camp. Soixante personnes supplémentaires selon les estimations de la préfecture, qui ne sont pas concernées par le plan de relogement en cours. "Elles n'ont pas vocation à intégrer l'espace de transition", précise-t-elle. Des familles qui se retrouveront donc sans solution lorsque le bidonville devra effectivement être démantelé.

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