Société

Manifestation contre l'armement des policiers : un message, puis de la casse

Par Angy Louatah, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu samedi 22 octobre 2016 à 20:02

Les premiers distributeurs de billets et abribus cassés se situent sur la place Carnot.
Les premiers distributeurs de billets et abribus cassés se situent sur la place Carnot. © Radio France - Angy Louatah

La manifestation se voulait festive contre l'armement des policiers, symboliquement dans la ville du fabricant de Flashball Verney-Carron. Quelques abribus, des distributeurs de banque et le local du Parti Socialiste ont été vandalisés. Il n'y a pas eu d'affrontement avec les forces de l'ordre.

Plusieurs mouvements d'extrême gauche militants contre l'armement de la police se sont rassemblés à Saint-Étienne ce samedi. La ville a été choisie du fait de la présence d'un fournisseur des forces de l'ordre en flashball : Verney-Carron. Après sa déclaration en préfecture jeudi, elle a été interdite par le préfet de la Loire. Environ 200 à 300 personnes se sont réunies malgré tout place Albert Thomas, avant que le cortège se réduise au fil de la journée.

Il n'y a pas eu d'affrontement direct entre CRS, gendarmes et manifestants. Des zones de défense (la préfecture, l’hôtel de ville et l'usine de Verney Carron) avaient été déterminées. En dehors de cela, les forces de l'ordre avaient prévu de contrôler le cortège à distance. On dénombre finalement de nombreux tags, des abribus et des vitres de distributeurs de banques brisés, ainsi que le local du Parti Socialiste vandalisé dans le quartier de Jacquard.

Du Carnaval à la casse

Au départ, la manifestation était totalement pacifique dans une ambiance carnaval, confettis, percutions. Un gros pistolet en carton a été fabriqué. Les messages contre l'armement de la police ont été délivrés de manière festive devant la bourse du travail.

La sœur du jeune Adama Traoré, tué par asphyxie présumée lors d'une interpellation le 19 juillet, dont la famille a porté plainte, était même là pour porter fièrement un message contre l'armement des policiers.

Mais petit à petit, les cagoules ont été remontées, l'itinéraire emprunté évitait les zones protégées par la police. Le scénario le plus probable était que le cortège termine sa marche devant l'usine Verney Carron. Finalement, après une succession de détours, c'est en arrivant sur la place Carnot que la casse a commencé. Sous le regard des passants, plusieurs abribus et des vitres de distributeurs de banques ont été brisés. Devant la cité du design, les manifestants ont symboliquement mis feu au pistolet en carton qu'ils avaient fabriqué.

En remontant en direction de Jacquard, le cortège est passé devant le local du Parti Socialiste qui avait été vandalisé au début de l'été. Plusieurs personnes ont relevé le rideau de fer qui le protégeait avant de casser la vitre et de faire sortir des affiches et quelques meubles. Peu après 18 heures, les manifestants ont retiré les cagoules et se sont dispersés après avoir incendié quelques banderoles sur la route.

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