Société

Manuel Valls adresse un "message d'amour" et promet de nouvelles aides aux agriculteurs

Par Thibaut Lehut, France Bleu Armorique, France Bleu Breizh Izel, France Bleu Loire Océan, France Bleu Maine et France Bleu Poitou jeudi 3 septembre 2015 à 15:33 Mis à jour le jeudi 3 septembre 2015 à 16:21

Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.
Le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. © Maxppp

Confronté à une journée de mobilisation de grande ampleur des agriculteurs à Paris, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé ce jeudi une série de mesures. Ces dernières visent à répondre à la crise que traverse le monde agricole.

Alors que plus de 1.500 tracteurs sont installés place de la Nation, à Paris, le Premier Manuel Valls a annoncé ce jeudi un volet de mesures destinées à répondre à la détresse exprimée par les agriculteurs, confrontés à des difficultés croissantes dans l'exercice de leur activité. Ces mesures, ajoutées à celles déjà annoncées fin juillet, coûteront trois milliards d'euros en trois ans et seront financées par l'Etat, les régions et l'Union européenne. Voici les principales d'entre elles.> Un moratoire sur les normes : la France va au-delà des normes fixées par l'Union européenne, et impose un cadre de travail trop compliqué et trop instable. Voilà ce que dénonçaient les agriculteurs, qui ont obtenu un moratoire jusqu'en février 2016 sur ces normes, notamment environnementales. A cette date, de nouvelles règles  seront définies en concertation avec les agriculteurs .> Une "année blanche" : les agriculteurs en difficulté obtiennent un sursis pour rembourser leurs dettes bancaires. Un emprunt sur dix ans pourra par exemple être remboursé en onze ans. Une mesure qui vise à aider les agriculteurs à payer en priorité leurs fournisseurs. > Prise en charge financière : le montant des crédits d'urgence annoncés en juillet pour les éleveurs en difficulté est revu à la hausse. Les prises en charge des intérêts d'emprunt seront doublées par rapport à ce qui avait été annoncé, pour atteindre 100 millions d'euros . Les prises en charge des cotisations sociales seront de leur côté triplées pour atteindre 50 millions . Enfin, un alignement de la cotisation maladie sur le régime des indépendants permettra de réduire les charges sociales agricoles de 50 millions d'euros .

La question des prix reste entière, incertitude sur la fin de journée


Au-delà de ces mesures d'urgence, le Premier ministre a rappelé qu'il était nécessaire d'enrayer la baisse des prix des produits agricoles, condition sine qua non pour assurer la pérennité du secteur. "Les agriculteurs n'ont pas besoin d'aides, ils veulent des prix acceptables, et nous maintiendrons la pression pour que les engagements de hausses de prix soient tenus" , a-t-il averti, avant de livrer un "message d'amour, fort et sincère" aux agriculteurs. "Vous avez le soutien de la nation" , a-t-il conclu, donnant rendez-vous le 7 septembre prochain pour un Conseil européen des ministres de l'Agriculture.

Sitôt la déclaration du Premier ministre achevée, le patron de la FNSEA s'est adressé aux agriculteurs rassemblés de la Nation. "Il aura fallu 1.800 tracteurs pour ça, mais pour la première fois depuis longtemps, cette demande de considération, le Premier ministre l'a entendue, le gouvernement l'a entendue" , a lancé Xavier Beulin sous les sifflets. "Vendu !", "Démission !", "On va mettre le feu !" , ont réagi une partie des agriculteurs, surtout bretons.

La manifestation, censée s'achever d'ici la fin de l'après-midi, pourrait donc se prolonger dans la soirée.> Suivez l'évolution de la situation EN DIRECT