Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Marche contre le viol à Poitiers : "Pour me protéger je garde un couteau dans mon sac à main"

samedi 13 avril 2019 à 17:13 Par Jules Brelaz, France Bleu Poitou

Quelques semaines après un viol dans les rues de Poitiers, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté ce samedi 13 mars pour dénoncer l'insécurité et l'indifférence autour des violences sexuelles dont les femmes sont victimes, réclamant notamment plus de transparence des pouvoirs publics.

Une centaine de personnes, en majorité des femmes, ont défilé ce samedi 13 avril à Poitiers en scandant "On veut marcher tranquille dans la rue"
Une centaine de personnes, en majorité des femmes, ont défilé ce samedi 13 avril à Poitiers en scandant "On veut marcher tranquille dans la rue" © Radio France - Jules Brelaz

Poitiers, France

"On veut marcher tranquille dans la rue" : ce slogan qui sonne comme une évidence a été scandé ce samedi 13 avril dans les rues de Poitiers pour dénoncer les violences sexuelles et le harcèlement de rue. Répondant à l'appel du Collectif 8 Mars, une centaine de manifestants ont défilé dans le centre-ville, de la Place Notre Dame jusqu'à la rue des Pouples, là où une femme a été violée dans la nuit du jeudi 21 mars au vendredi 22 mars.

"On ne peut pas rentrer toute seule à Poitiers la nuit, moi je me sens en danger, je garde mes clés à la main pour m'en servir comme d'un poing américain au cas où quelqu'un m'agresse !" (Marine, 22 ans) 

"Ici certains voisins ont entendu des cris et ne sont pas intervenus"

En chantant l'Hymne des Femmes, dans la rue des Pouples à Poitiers, le cortège a rendu hommage à la femme violée il y a quelques semaines dans cette petite rue à moitié piétonne. "Je trouve ça terrible que les voisins qui ont entendu des cris n'aient pas réagi, c'est vrai que parfois on est sidéré, mais là je trouve cela très grave, cette indifférence dans laquelle les gens s'enferment derrière leurs volets."

"J'ai des amis qui me raccompagnent et j'ai un couteau dans mon sac à main, parce que j'ai déjà été agressée Grand Rue à Poitiers une nuit où je rentrais toute seule de soirée, un homme est venu vers moi, il m'a attrapé les poignets et j'ai réussi à m'échapper en courant" (Manon, 27 ans)

"Ici (rue des Pouples, NDLR), il y a eu un viol et moi, dans mon quartier, dans le centre-ville, pas loin de la Promenade des Cours, il y a trois ans, une femme s'est faite violer à 18 heures, en plein été, et personne ne l'a vue, personne n'est intervenu et le violeur n'a toujours pas été arrêté", raconte Myriam, une mère de famille venue manifester aux côtés de sa fille. 

Couteau, poing américain, sifflet de défense...

Toutes les manifestantes âgées de 14 à 60 ans disent avoir au moins une fois ressenti de la peur à rentrer chez elle seule durant la nuit. Et ce phénomène n'est pas récent. "Il y a quarante ans, je me suis fait agressée à Poitiers et j'ai eu de la chance de réussir à m'enfuir mais je suis effarée de voir que ces violences persistent toujours quarante ans après, et encore maintenant je fais attention quand je sors le soir et quand je fais du footing, je me suis décidé à avoir une alarme sonore", explique Annick. 

"Les violences sexuelles et les viols, ça n'a pas du tout l'air d'être la préoccupation des pouvoirs publics !" (Sophie Le Mô, Collectif 8 Mars)

Accusant les autorités de manquer de transparence, le Collectif 8 Mars réclame à la préfecture de la Vienne les chiffres exacts du nombre d'agressions sexuelles et de viols commis dans le département. "Compter leur nombre et que l'on puisse trouver ces informations sur le site de la préfecture, là, ici tous les journalistes présents, tout le monde a cherché et personne n'a trouvé les chiffres, donc est-ce que le Procureur de la République de Poitiers sait compter ? On se pose la question", affirme Sophie Le Mô, qui demande également la mise en place d'arrêt à la demande dans les bus du Grand Poitiers pour les femmes circulant seule la nuit.

"Ce que j'aimerais aussi dire comme message, c'est qu'on est du côté de la vie, on aime faire la fête, et on veut continuer à vivre, comment peut-on imaginer une société où la moitié des gens ne vivrait pas? Si on leur disait de ne pas porter un tel pantalon parce qu'il serait trop moulant ou dangereux, est-ce que les hommes accepteraient de vivre ça ?" (Sophie Le Mô)