Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Société

Marche de la colère des policiers : "Assez d'être livrés en pâture", selon un syndicaliste manchois

-
Par , , France Bleu Cotentin

Les policiers en colère redescendent dans la rue ce mercredi pour demander plus de moyens et de la reconnaissance. Des fonctionnaires qui en ont "assez d'être jetés en pâture", selon le secrétaire du syndicat Unité SGP Police FO dans la Manche.

Une manifestation unitaire des syndicats de policiers, c'est une première depuis près de 20 ans
Une manifestation unitaire des syndicats de policiers, c'est une première depuis près de 20 ans © Maxppp - Aurelien Morissard

Manche, France

Une quarantaine de policiers de la Manche fait le déplacement à Paris pour participer à la marche de la colère, un mouvement unitaire des syndicats des forces de l'ordre. Une première depuis 2001. Des policiers qui en ont "assez d'être jetés en pâture", explique Cyrille Postaire, le secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police FO, invité de France Bleu Cotentin ce mercredi. 

On a entendu les policiers parler de leur mal-être. Il y a aussi le manque de moyens, la réforme des retraites, les heures supplémentaires non-payées... Vous, vous souhaitez mettre l'accent sur quoi ? 

On est mobilisés parce que 52 de nos collègues se sont suicidés. Et ça touche tous les corps de la police nationale. C'est un fléau et il faut trouver des solutions. Des évolutions dans le cadre du plan de mobilisation contre le suicide nous ont été proposées. Elles vont dans le bon sens, mais il y a un manque pour détecter les collègues en fragilité, l'amélioration des rythmes de travail, et la protection des agents.

Comment vous l'expliquez ce mal-être ? 

Il y a plusieurs facteurs. Il manque du matériel dans les circonscriptions : sur notre dernière mission de maintien de l'ordre, on avait des collègues qui n'avaient ni casques, ni jambières. C'est inadmissible. Donc on demande plus de moyens. C'est vraiment une question budgétaire. Sur les heures supplémentaires non-payées, on souhaite que les policiers se les fassent payer ou qui puissent les mettre sur un compte épargne temps. Mais ce n'est pas ce qui se profile. L’administration voudrait nous les payer 10 euros de l'heure, mais ce n'est pas acceptable. Sur la retraite, on sent que le statut du policier est menacé. Si on nous enlève notre statut, il faudra simplement nous donner le droit de grève. Je suis certain que là, l'administration va réfléchir. 

Sur la paperasse, la procédure pénale, des policiers pestent également...

On a plein de dossiers qui arrivent dans les services, avec des officiers de police judiciaire qui doivent traiter des sujets qu'ils ne devraient plus. La plus-value est proche de zéro, et ça engorge les services. 

Adulés après les attentats en 2015, maintenant, on nous verse des seaux de merde tous les jours

Vous avez le sentiment d'être injustement montrés du doigt aujourd'hui ?

Il devient récurrent que des collègues en service, en application d'ordres dans le cadre légal, soient jetés en pâture. Rappelez-vous l'affaire de Nantes : on met la police en cause, mais laissons faire la justice. C'est hyper violent ce qu'on voit sur les réseaux sociaux. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais c'est devenu systématique. Dès qu'il y a une affaire, c'est tout de suite le policier qui est cause, alors que les collègues font un travail remarquable sur le terrain. 

C'est aussi le cas dans la Manche ? 

C'est moins prégnant que dans le 93, mais néanmoins on retrouve ces problématiques. On a des gros problèmes de matériel. Même chose pour les locaux. La politique du chiffre n'a pas disparu. 

En 2015, après les attentats, les Français témoignaient leur attachement à la police. Quatre ans plus tard, vous vous sentez mal-aimés. Que s'est-il passé ?

Vous avez bien résumé la situation. Adulés il y a quatre ans... Maintenant, on nous verse des seaux de merde (sic) tous les jours. 

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu