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Société

"Marche de la colère" : plus de 150 policiers alsaciens vont manifester à Paris, une mobilisation inédite

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Entre 150 et 200 policiers alsaciens vont se déplacer à Paris pour grossir les rangs de la manifestation nationale. Les syndicats ont lancé un appel unitaire, tous corps confondus, chose rare. Les raisons de la colère sont nombreuses.

Policier de dos, image d'illustration.
Policier de dos, image d'illustration. © Radio France - Victor Vasseur

Strasbourg, France

"De mémoire de Strasbourgeois, c'est du jamais vu" raconte Emmanuel Georg, secrétaire départemental Bas-Rhin et régional Alsace d'Unité SGP police FO. "D'habitude, les Alsaciens sont peu enclins à aller manifester, on déplace habituellement une quinzaine de personnes" ajoute le syndicaliste bas-rhinois. 

Entre 150 et 200 policiers alsaciens prendront le bus et le train tôt mercredi 2 octobre pour Paris. Ils répondent à l'appel unitaire des syndicats, tous corps confondus. Voilà près de 20 ans qu'un tel appel n'avait pas eu lieu.

52 suicides depuis le début de l'année 

Les raisons de cette "marche de la colère" sont multiples. "Au départ, la manifestation a été décidée à cause du nombre de suicides" rapporte Lynda Wust, secrétaire départementale 67 par interim de l'UNSA (syndicat majoritaire en Alsace depuis les dernières élections). On ne compte pas moins de 52 suicides chez les policiers en France depuis janvier 2019. Le dernier a eu lieu il y a deux semaines à peine, le 19 septembre, à Maubeuge dans le Nord. 

52 suicides dans la police depuis le début de l'année - Visactu
52 suicides dans la police depuis le début de l'année © Visactu

La grogne s'est depuis considérablement élargie : "Les conditions de travail, les retraites, le volume d'heures supplémentaires non payées, le travail de nuit, la pression hiérarchique, la politique du chiffre, la charge de travail, les rappels incessants... tout ça fait que la mobilisation est beaucoup plus importante" égrène Lynda Wust. 

En dix ans, nous avons perdu une centaine de postes, l'Alsace n'attire pas."

Les syndicats dénoncent un quotidien qui s'est considérablement dégradé. "En dix ans, nous avons perdu une centaine de postes, l'Alsace n'attire pas. Les postes sont là mais pas les candidats" déplore Emmanuel Georg qui souligne les efforts de la hiérarchie sur ce point. Résultat, les journées et les semaines s'allongent : "On nous rappelle constamment au travail sur nos jours de congés" affirme Lynda Wust. 

Le mouvement des gilets jaunes est aussi pointé du doigt : "On travaille du lundi au samedi depuis novembre et le reste du temps il se passe des choses tous les jours, les manifestations des lycéens, les matchs du Racing qui est en Ligue 1 maintenant... Strasbourg est une capitale européenne aussi, il s'y passe beaucoup de choses" explique le secrétaire bas-rhinois d'Unité SGP Police FO.

La réforme des retraites, la goutte d'eau qui fait déborder le vase

La dernière addition à la grogne des fonctionnaires de police : la réforme des retraites qui prévoit de lisser les régimes spéciaux pour les aligner sur les régimes généraux. Jusqu'à présent, au bout de 25 ans de carrière un policier obtenait cinq ans de bonification. "Parce que la pénibilité du travail, les risque encourus sont importants. Un policier qui part [à la retraite] à 57 ans et demi a vu des choses dans sa carrière que la plupart des Français ne verrait jamais", appuie Emmanuel Georg avant d'ajouter : "Ce droit là [le régime spécial de retraites], nous l'avons obtenu en renonçant à notre droit de grève." Les manifestants qui partent à Paris ce mercredi ont ainsi posé un jour de congé pour pouvoir aller manifester.

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