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Société

Marielle Klein, la Mosellane à l'origine du combat contre les implants Essure, dans le livre "Les Résistantes"

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Par , France Bleu Lorraine Nord

Le combat d'une Mosellane contre l'industrie pharmaceutique raconté dans un livre. Les Résistantes, de Florence Méréo, sorti ce mois-ci, rassemble les témoignages de douze femmes, dont celui de Marielle Klein, de Spicheren. Pendant des années, elle s'est battue contre les implants Essure.

Les Résistantes, un recueil de douze témoignages de femmes par Florence Méréo
Les Résistantes, un recueil de douze témoignages de femmes par Florence Méréo - Harper Collins

Spicheren, France

"Les Résistantes", paru il y a un peu plus de deux semaines chez Harper Collins, est un recueil de douze témoignages retranscrits par la journaliste du Parisien Florence Méréo. Douze témoignages, de douze femmes, douze patientes, qu'elles soient connues ou anonymes, qui ont mené des combats contre des médicaments controversés, des scandales médicaux, des pratiques à changer. Parmi elles, la Mosellane Marielle Klein, de Spicheren, qui a conduit une lutte acharnée contre les implants contraceptifs Essure.

Ce livre, c'est l'histoire de douze femmes 'banales' que la vie a transformées malgré elles en combattantes.

"Résistante", le terme sied à Marielle Klein : "C'est comme ceci que l'on appelait les adhérentes de l'association que j'ai présidée pendant trois ans, "Resist" (Réseau d'entraide et de soutien et information sur la stérilisation tubaire, ndlr). Ce livre, c'est l'histoire de douze femmes 'banales' que la vie a transformées malgré elles en combattantes et donc, en résistantes (...) J'aurais vraiment aimé avoir ce guide avec moi quand j'ai commencé mon combat, car il regorge de conseils et d'expériences."

Une "solution miracle" qui se transforme en cauchemar

Son "fait d'armes", puisque c'est comme cela que Florence Méréo le qualifie, c'est d'avoir réussi à faire arrêter la commercialisation de ces implants par le laboratoire Bayer en 2017. Marielle Klein n'aurait jamais cru aller aussi loin. Le livre raconte la pose des implants Essure en 2011, qu'on lui présente, à elle qui ne veut plus avoir d'enfants, comme une "solution miracle", les symptômes horribles qu'elle subit ensuite, neurologiques, musculaires, et puis le jour où elle comprend.

Le monde médical s'entêtait à me dire que j'étais en burn-out. (...) Mais moi, je savais bien que ce n'était pas normal.

"C'est de la persévérance, explique-t-elle.  Je sentais que quelque chose allait mal, et le monde médical s'entêtait à me dire que j'étais en burn-out. C'était facile, j'ai cinq enfants, j'ai été cataloguée. Mais moi, je savais bien que ce n'était pas normal, je ressentais bien ces douleurs. J'ai même résisté à un internement psychiatrique ! A un moment, j'ai eu un déclic, je me suis rendue compte que mes problèmes avaient commencé avec la pose de ces implants."

2016 : retrait des implants et création de l'association

Elle commence donc des recherches sur Internet, et elle réalise que le scandale a déjà éclaté aux Etats-Unis. Elle intègre un groupe où 16.000 femmes racontent déjà leurs expériences. "Leurs histoires, c'était la mienne", dit-elle. Le combat commence véritablement pour Marielle, l'association est créée en 2016, l'année-même où elle subit une hystérectomie - une ablation de l'utérus - pour être enfin débarrassée des implants. 

Nous avons été reçues au Collège national des gynécologues et obstétriciens français, et nous avons eu du mal à nous faire entendre.

Les témoignages, les adhésions se multiplient, mais les "Résistantes" se heurtent désormais aux laboratoires, et aux gynécologues : "avant d'exposer le scandale au grand jour, on a essayé de communiquer, raconte Marielle. Nous avons été reçues au Collège national des gynécologues et obstétriciens français, et nous avons eu du mal à nous faire entendre. Heureusement, nous avons eu la chance d'avoir avec nous un gynécologue hollandais, et on a senti, à la fin de l'entretien, une petite ouverture. Mais cela a été compliqué."

Même encore aujourd'hui, on me colle l'étiquette de lanceuse d'alerte, mais j'ai juste fait un geste citoyen.

Finalement, le combat paye, puisqu'on le sait, Bayer arrête la vente des implants en Europe en 2017, officiellement pour raisons commerciales. Incroyable histoire que celle de Marielle, qui était pourtant, avant cette lutte, d'une timidité maladive : "Même encore aujourd'hui, on me colle l'étiquette de lanceuse d'alerte, mais j'ai juste fait un geste citoyen. J'ai eu peur de mourir, de ne pas voir mes enfants grandir. Quand j'ai compris, j'ai voulu sauver toutes ces mamans, j'avais ce devoir d'informer les femmes."

Marielle Klein, invitée de France Bleu Lorraine

Sa fille Anaïs dit dans le livre : "Je sais grâce à elle que, même en bas de l’échelle, on peut se battre contre les injustices." Et être un modèle pour son enfant, il n'y a peut-être pas de plus belle récompense pour une mère. 

Les Résistantes, de Florence Méréo, éditions Harper Collins.

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