Société

Mécontents d'être taxés davantage, les opérateurs télécoms pourraient se désengager des zones blanches

Par Marina Cabiten, France Bleu mardi 15 septembre 2015 à 11:41

Une antenne relais dans les vignes - illustration
Une antenne relais dans les vignes - illustration © Max PPP

L'augmentation de la taxe pour financer l'audiovisuel public ne passe pas auprès des opérateurs télécoms. En réaction, ils menacent le gouvernement de faire machine arrière sur leurs engagements concernant la couverture des zones blanches, affirme le journal Les Échos ce lundi.

C'est "une forme de mépris" selon Stéphane Richard, le PDG d'Orange. La hausse de la "taxe Copé" sur les fournisseurs d'accès à internet, annoncée dimanche, a déclenché la colère des opérateurs télécoms. En guise de contre-attaque, ils auraient menacé le gouvernement de revenir sur l'accord concernant les zones blanches, selon Les Échos ce lundi. 

Coup de pression

La Fédération Française des Télécoms (FFT), qui regroupe tous les grands opérateurs sauf Free, aurait selon le quotidien économique adressé un courrier au gouvernement pour solliciter un entretien en expliquant son mécontentement. La "taxe Copé" a été créée en 2009 pour compenser financièrement la suppression de la publicité à la télévision publique. Elle touche depuis les opérateurs télécoms à hauteur de 0,9% de leur chiffre d'affaires, et aujourd'hui la ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin souhaite la faire passer à 1,2%, soit une hausse d'un tiers. 

Si cette entrevue entre opérateurs et gouvernement a lieu, elle pourrait être l'occasion de remettre en cause l'accord signé en mai au sujet de la couverture des zones blanches, ces territoires ruraux aujourd'hui très mal lotis en réseau mobile. 

Calendrier ralenti ? 

Cet accord avait été présenté par le gouvernement comme "historique", rappellent Les Échos. Bouygues, SFR, Orange et Free se sont engagés à ce que le mobile passe absolument partout en France d'ici fin 2016, ainsi que le réseau mobile internet (3G) d'ici mi-2017. En représailles, ils pourraient finalement traîner des pieds sur ces échéances.

C'est peut-être le début d'un bras de fer, car le gouvernement a aussi des arguments à faire valoir. Les trois principaux opérateurs s'étaient déjà engagés en 2010 à assurer une couverture décente dans 3.500 communes rurales d'ici fin 2013. Ils n'avaient atteint que 25% de cet objectif à la date prévue. Et en cas de manquement, l'Arcep (autorité de régulation des télécoms) a un pouvoir de sanction.