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Mélanie ne sait pas quand elle pourra revoir son fils handicapé, confiné dans son internat depuis le 15 mars

Roman, dix ans, est confiné dans son internat spécialisé du Havre depuis le 15 mars. Pour des raisons sanitaires, ses parents ne peuvent pas lui rendre visite, et ils ignorent toujours quand il pourra rentrer à la maison.

"Ne pas avoir de date, c'est peut-être le plus douloureux", raconte Mélanie Vauchel (illustration). "Ne pas avoir de date, c'est peut-être le plus douloureux", raconte Mélanie Vauchel (illustration).
"Ne pas avoir de date, c'est peut-être le plus douloureux", raconte Mélanie Vauchel (illustration). © Radio France - Thomas Schonheere

Elle n'est pas la seule dans cette situation. Mélanie Vauchel, enseignante, est mère de quatre enfants, dont l'un d'eux, Roman, est polyhandicapé, atteint du syndrome d'Angelman, une maladie rare qui se caractérise par une déficience intellectuelle et des troubles de la motricité ou de l’équilibre. En temps normal, il passe la semaine dans un internat spécialisé du Havre et rentre le week-end chez ses parents. Mais avec l'entrée en vigueur du confinement, la vie de la famille a été bouleversée.

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Un choix difficile

"Le 15 mars, il a fallu faire un choix, raconte-t-elle. Soit notre fils rentrait à la maison mais on n'avait plus la  possibilité de le ramener, soit on le laissait à l'internat mais on ne pouvait pas lui rendre visite."

Un choix difficile à faire. Mais il faut, dans ces cas-là, prendre tous les éléments en compte : "Il y a le contexte familial, la fratrie, nos métiers... Prendre aussi en compte la santé de notre fils : s'il était contaminé, pour ces enfants-là, ça pourrait être très très grave."

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Mélanie Vauchel voit donc son fils à distance, en visioconférence, plusieurs fois par semaine. "On ne sait pas ce qu'il se passe dans sa tête, mais a priori (de par sa maladie), il n'a pas la notion du temps qui passe, explique-t-elle. En tout cas, quand il nous voit, qu'il voit ses frères et soeurs, il est très heureux, on le voit, il nous fait des signes, il vit l'instant présent. Après, qu'est-ce qu'il fait de ce moment par la suite... Il y a des jours où il est plus agressif avec ses camarades ou le personnel, et on se dit qu'il y peut-être un manque. C'est toujours un travail d'interprétation que l'on fait."

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Mélanie Vauchel tient à souligner le travail du personnel du centre Raymond Lerch du Havre, "à 100% dévoué aux enfants". Mais le plus dur, pour la mère de famille, c'est de ne pas savoir quand elle pourra revoir Roman : "Quand le gouvernement a parlé du 11 mai, on a eu un petit espoir en se disant qu'il allait pouvoir rentrer le week-end suivant. Mais le centre nous a dit que l'Agence régionale de santé n'avait pas donné son accord. Ne pas avoir de date c'est peut-être ça le plus douloureux."

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