Société

Menace terroriste : les écoles du Calvados se préparent

Par Pierre Coquelin, France Bleu Normandie (Calvados - Orne) jeudi 13 octobre 2016 à 17:57

L'école avait alerté les parents la veille sur la tenue de cet exercice.
L'école avait alerté les parents la veille sur la tenue de cet exercice. © Radio France - Pierre Coquelin

Avant les vacances de la Toussaint, les établissements scolaires du Calvados doivent effectuer un exercice "attentat-intrusion", dans le cadre du plan particulier de mise en sûreté (PPMS). Une manière de tester la communication entre les enseignants et la réaction des élèves. Exemple à Caen.

Il est aux environs de 11 heures dans l'école maternelle et primaire du Puits-Picard, à Caen. La porte s'ouvre délicatement. "Alerte intrus", lance discrètement une des enseignantes. Le scenario : comment réagir en cas d'intrusion dans l'école. "On a lancé un premier exercice à 10 heures. On avait pris comme signal d'alarme un SMS silencieux. On s'est aperçu que dès la deuxième classe, ça ne fonctionnait plus car la troisième collègue a reçu le message au bout de 20 minutes. Quant à moi, je ne l'avais pas une heure après ! Donc on a changé le signal à la voix, de porte en porte", explique Philippe Sicot, directeur de cet établissement de 150 élèves (3 en maternelle et 4 en primaire).

"Le principe, c'est que ces gestes deviennent des automatismes" (P. Sicot)

L'alerte est donc lancée, et chacun a son rôle. "On s'est chacun mis sous une table. On a éteint les lumières, fermé les rideaux, mis le verrou de la porte. Il ne fallait pas paniquer. C'était bizarre : il faisait tout noir pour une fois", explique un des élèves de CM2. La salle se mure dans l'obscurité et le silence. L'exercice a duré une petite dizaine de minutes. "L'exercice, vous l'avez très très bien fait : vous avez tous trouvé une place bien éloignée des fenêtres. Maintenant, si c'était la réalité, on attendrait que les forces de l'ordre viennent nous dire que tout est sous contrôle, que tout va bien", a lancé le directeur à ses élèves.

"Avec tout ce qu'on voit à la télé..."

A midi, à la sortie, Julie attend sa fille. "Je pense que c'est quelque chose de normal, en cas de besoin. En espérant qu'il n'y ait pas besoin de le déclencher un jour. C'est bien d'être préparé. Avec tout ce qu'on voit à la télé, les enfants se posent des questions", confie-t-elle.

L'exercice devrait être répété plusieurs fois dans l'année scolaire. "Il va y avoir un exercice départemental, dans les heures ou les jours qui viennent, ce sera un effet de surprise. Le but, c'est que ça devienne des automatismes et que ça puisse en cas de besoin sauver des vies humaines", complète Philippe Sicot.

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