Société

Menacées de mort dans leur pays, deux familles afghanes trouvent refuge en Dordogne

Par Pauline Ben Ali, France Bleu Périgord mardi 16 août 2016 à 9:22

Valérie et Emmanuel accueillent les deux familles dans leur maison depuis mercredi.
Valérie et Emmanuel accueillent les deux familles dans leur maison depuis mercredi. © Radio France - Pauline Ben Ali.

Ancien traducteurs pour l'armée française en Afghanistan, Abdul et Farid ainsi que leur famille, ont du se réfugier en France suite à des menaces répétées de la part des Talibans, les accusant d'être des espions.

En Afghanistan, Abdulsamad et Farid subissaient régulièrement des menaces de mort, depuis le rapatriement de l'armée française en 2014. Emus par leur histoire entendue à l'antenne d'une radio, Emmanuel et Valérie décident de les héberger durant quelques semaines pour leur faire découvrir la campagne périgourdine.

Menaces régulières des Talibans

Arrivés depuis mercredi, les deux familles (11 personnes en tout) s'affairent dans la cuisine pour pouvoir nourrir tout le monde, ce qui arrange les hôtes ne se voyant pas seuls préparer à manger pour toute la troupe. Depuis qu'il est en France, Abdulsamad et sa famille se sentent en sécurité contrairement à là-bas "Une fois, plusieurs personnes dont un membre des Talibans m'ont arrêté devant ma maison pour me menacer, ils m'ont dit "On sait que tu travailles pour l'armée française, si tu ne fais pas ce qu'on te demande on va te tuer et tuer ta famille". Mohammad, 17 ans, est le fils de Farid, il affirme qu'il ne pouvait plus sortir de chez lui, ni aller au lycée à Kaboul à cause du danger.

Les menaces se multiplient jusqu'à ce que les deux familles fassent une demande de visa pour la France. D'abord refusées, Abdulsamad, Farid et d'autres traducteurs réitèrent l'opération. Ils manifestent devant l'ambassade début 2015 jusqu'à obtenir satisfaction.

"Si tu ne fais pas ce qu'on te demande, on va te tuer et tuer ta famille" Abdulsamad Rahimi

Une fois arrivées en France en mars 2016, les familles sont logées dans une caserne militaire en Picardie. Emmanuel et Valérie ont voulu leur apporter un peu de bien être en les invitant à passer quelques semaines dans leur maison de vacances en Périgord vert. "On a tous la possibilité de faire une toute petite chose, et moi ça me fait plaisir de voir des enfants goûter à la campagne en sentant en sécurité".

Avant d'être traducteur, Abdulsamad était procureur dans son pays, un métier qu'il aura du mal à exercer en France, mais il d'autres projets dont celui d'ouvrir un restaurant franco-afghan. Aujourd'hui, 90 familles afghanes, dans le même cas, ont obtenu des visas français.