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Société

"Mes parents se sont mis à me détester parce que j'étais homosexuel" : Anthony, 21 ans, témoigne

À 21 ans, Anthony reconstruit sa vie, après avoir été mis à la rue par sa famille. La cause ? Son homosexualité qu'il révèle à 17 ans.

Anthony, 21 ans , victime d'homophobie familiale
Anthony, 21 ans , victime d'homophobie familiale © Radio France - Laure Debeaulieu

Nice, France

Ce vendredi est la journée internationale contre l'homophobie sous toutes ses formes. Dans certains cas, c'est au sein même des familles que de jeunes hommes sont rejetés par leur parents. C'est le cas d'Anthony, 21 ans, qui vit aujourd'hui à Nice et tente de reconstruire sa vie . Aidé et pris en charge par l'association Le Refuge, il s'est retrouvé a la rue il y a un an. 

"À l'age de 17 ans et demi, j'ai dit à mes parents 'j'ai quelque chose à vous dire' et je leur ai avoué que j'étais homosexuel. Je le savais depuis que j'avais 15 ans, mais j'avais peur de le leur avouer. À partir de ce moment là, ma vie a basculé."

À l'époque, Anthony vit chez ses parents et son frère à Perpignan. Sa sœur, elle, plus âgée, a déjà quitté le foyer. "On était soudé malgré les problèmes d'alcoolisme de mes parents, on pouvait parler de tout et on faisait tout ensemble."

"Je n'ai jamais dit ce que je vivais à la maison j'avais peur et je ne voulais pas dénoncer mes parents."

Violences et humiliations quotidiennes

Mais la vie d'Anthony tourne au cauchemar : "Ils me traitaient de sale pédé, de tapette. Mon frère de 18 ans ne voulait plus que je l'approche car il avait peur des attouchements", se souvient Anthony. La violence et les humiliations sont quotidiennes. Anthony quitte le foyer familial et est hébergé par une tante pendant quelques mois.

"Après le décès d'un oncle, on s'est rapproché et je suis revenu à la maison. Tout s'est bien passé pendant une semaine et après ç'a été pire". Jusqu'au jour où le jeune homme rentre du travail et trouve son lit dans le garage de la maison familiale. "Tous mes vêtements étaient jetés sur le canapé qui me servait de lit. Il faisait humide dans le garage où la fenêtre était cassée. Le matin j'avais honte car je partais au travail avec des habits qui sentaient mauvais. Je suis tombé malade à cause du froid. Je n'ai jamais osé dire au médecin que je vivais dans un garage."

"Malgré tout, je ne voulais pas dénoncer mes parents", confie Anthony. Il passe alors six mois dans le garage, à peine nourri. Son contrat de travail se termine et ses parents lui lancent un ultimatum : "Si tu ne retrouves pas de travail, tu quittes la maison." Avant l'échéance, sa famille le met dehors.

"Aujourd’hui j'ai de l'espoir et ma vie a pris un nouveau tournant."

Sans le sou, démuni, Anthony est à la rue. Il frappe à la porte de l'association Le Refuge qui rapidement lui trouve un point de chute. Ce sera le centre de Perpignan, Montpellier, Marseille ou Nice. Sans réfléchir, Anthony choisit Nice, "le plus loin possible de chez mes parents, le plus loin possible de cet enfer." 

Cela fait un an aujourd’hui qu'Anthony vit et travaille à Nice. Il est commis de cuisine dans une brasserie de la ville, il a un appartement "avec une chambre pour moi. Je me sens libre et j'ai retrouvé confiance en moi". Son passé, il le laisse derrière lui mais il n'oublie pas : "Si je sais un jour que mon père, malade, n'en a plus pour longtemps, j'irai le voir pour lui dire que je suis là et que je l'aime... malgré tout. Et après, je partirai."