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Société DOSSIER : Les fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans

Messages racistes envers la Jeanne d'Arc 2018 : le procureur d'Orléans ne lâche pas l'enquête

lundi 7 mai 2018 à 17:27 Par Eric Normand, France Bleu Orléans et France Bleu

Le choix de Mathilde Edey Gamassou, une jeune fille métisse de 17 ans, pour incarner la Jeanne d’Arc des Fêtes johanniques 2018 avait déclenché un torrent de haine sur les réseaux sociaux. Le procureur d'Orléans a ouvert une enquête préliminaire. Mais Twitter n'a pas encore coopéré.

Les messages s'en prenaient à la couleur de la peau de Mathilde Edey Gamassou
Les messages s'en prenaient à la couleur de la peau de Mathilde Edey Gamassou © Maxppp - Eric Malot

Orléans, France

La jeune femme qui doit incarner Jeanne d'Arc lors des fêtes Johanniques en 2018 avait été victime de messages racistes sur les réseaux sociaux dès l'annonce de sa participation. Les auteurs de ces messages à caractère raciste s'en prenaient à la couleur de peau de Mathilde Edey Gamassou. Le procureur avait ouvert une enquête préliminaire pour incitation et provocation publique à la haine raciale. Deux mois et demi après, où en est on ?

Enquête au point mort, la justice attend les réponses de Twitter

Au moment de l'annonce du choix de Mathilde, "plusieurs dizaines de messages haineux avaient été transmis à la plateforme de signalement PHAROS," explique Frédéric Potier, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme. Après ce pic, "de nouveaux messages sont apparus ces derniers jours," ajoute-t-il, "sans doute à l'approche des fêtes de Jeanne d'Arc." A l'époque, le procureur d'Orléans avait identifié deux tweets pour lesquels il a ouvert une enquête. 

A ce jour, l'enquête est au point mort. Lever l’anonymat des auteurs de ces messages cachés sous des pseudonymes s'avère compliqué d'autant que les auteurs ont depuis supprimé leur compte. Twitter traîne des pieds au motif qu’il est d’abord soumis au droit américain, plus permissif pour ce qui est de la liberté d’expression. En juillet 2013 pour une autre affaire, sous la pression du gouvernement français, Twitter s'était pourtant engagé à fournir à la justice des données qui permettraient d’identifier les auteurs de messages racistes, haineux, antisémites et homophobes. 

Je ne lâcherai pas car la ligne rouge avait été franchie, j'avais fait une première demande, je viens d'en faire une nouvelle il y a quelques jours" - Nicolas Bessonne, procureur de la République d'Orléans

Le procureur d'Orléans, vient de refaire une demande auprès du groupe américain. Nicolas Bessone redit "qu'il ne lâchera pas car la ligne rouge a été dépassée." L'auteur du premier tweet compare la jeune fille à un babouin, et le second, répondant au premier, montre une photo de bananes.

Les auteurs d'injures à caractère racistes encourent jusqu'à un an de prison et 45.000 euros d'amende, et même cinq ans de prison en cas d'incitation à la haine raciale.