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Messes à 30 personnes : les prêtres sarthois se démultiplient

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Par , France Bleu Maine

Pour pouvoir accueillir le maximum de fidèles en tenant compte de la jauge de 30 personnes fixée par le gouvernement, les prêtres sarthois augmentent sensiblement le nombre de messes ce week-end. Ils espèrent un assouplissement rapide de cette règle, car « à l’entrée des églises, on ne compte pas ».

La messe rassemble chaque week-end des milliers de Sarthois (Photo d'illustration)
La messe rassemble chaque week-end des milliers de Sarthois (Photo d'illustration) © Maxppp - Vincent Isore - IP3 PRESS

Quatre fois plus de messes que d’habitude au Mans. Deux fois plus dans le Sud Sarthe. Les prêtres s’organisent pour assurer la reprise des célébrations publiques dans la limite de 30 personnes fixée par le gouvernement. Ainsi, en centre-ville du Mans, un lieu supplémentaire sera ouvert aux fidèles catholiques en ce premier week-end de l'Avent. En plus de la cathédrale et de l’église Notre Dame de la Couture, la chapelle Saint Joseph, près de la gare, accueillera plusieurs messes. « Entre samedi soir et dimanche soir, il y en aura seize, en tout », annonce le Père Benoit Pierre, curé de cet ensemble paroissial. « Cela demande de l’organisation, mais ce n’est pas non plus surhumain », sourit le jeune prêtre qui peut compter sur l’aide de ses vicaires et sur le renfort de l’évêque et de l’un de ses deux vicaires généraux.
 

Dans le secteur de La Flèche aussi, les prêtres se démultiplient. « Habituellement, nous célébrons six messes durant le week-end. Nous en aurons treize », indique le père François Cléret dont le territoire paroissial compte 21 clochers. « L’objectif est que les fidèles ne viennent pas tous à l’église principale de La Flèche qui accueille habituellement 400 personnes le dimanche mais qu’ils aient une messe au plus près de chez eux », détaille le prêtre.
 

L’impatience des fidèles 

Même si les églises sont toujours restées ouvertes (contrairement au premier confinement), la reprise des messes publiques était attendue par de nombreux catholiques sarthois. Une centaine d’entre eux avaient d’ailleurs manifesté, le dimanche 22 novembre pour le réclamer. (L’évêque du Mans avait choisi de ne pas soutenir cette démarche). « Les chrétiens sont privés de célébrations publiques depuis plusieurs semaines après l’avoir été longuement au printemps dernier », rappelle le père Benoit Pierre, curé de l’ensemble paroissial Cathédrale – Notre Dame de la Couture, en centre-ville du Mans. « Nous essayons de les accompagner au mieux dans ces circonstances, même si c’est difficile et, sans doute, un peu frustrant », reconnaît-il. « De nombreuses personnes ont besoin de la messe pour se ressourcer, pour retrouver une communauté, surtout si elles vivent seules », souligne pour sa part le père François Cléret.
 

On prend rendez-vous pour aller chez le coiffeur, pas pour aller à l’église !

En Sarthe, comme ailleurs en France, les prêtres s’adaptent mais se montrent très critiques sur la jauge de 30 personnes maximum dans les édifices religieux. « La messe est ouverte à tous », rappelle le père François Cleret, curé de l’ensemble paroissial La Flèche, Luché-Pringé, Malicorne et Bazouge-sur-le-Loir. « On prend rendez-vous pour aller chez le coiffeur, pas pour aller à l’église ! », s’emporte le prêtre. « Devoir compter les gens qui viennent à la messe est contraire à nos usages et à notre nature profonde. Ce n’est pas notre manière de faire », rappelle, pour sa part, le père Benoit Pierre. Le prêtre invite chacun « à faire preuve de bon sens et de sang-froid ». Et il s’explique : « A la messe, nous célébrons l’unité. Nous devons la vivre ! ». 

Dans plusieurs diocèses (pas en Sarthe), les évêques ont explicitement autorisé leurs prêtres à passer outre la consigne des 30, s’ils le souhaitaient. C’est le cas par exemple à Rennes qui fait partie de même « province ecclésiastique » que la Sarthe. L'évêque du Mans, lui, a attendu ce samedi 28 novembre après-midi pour adresser un message aux catholiques sarthois. Dans sa lettre, Monseigneur Le Saux apporte son soutien à l'action en justice portée par la Conférence des Évêques de France. Il dénonce les "conditions gouvernementales incompréhensibles et extrêmement difficiles à mettre en œuvre". Et demande aux fidèles du département de "respecter les consignes qui seront données à la porte de nos églises ce dimanche" par ceux "qui auront la charge délicate d’appliquer les règles en vigueur".

« Une décision absurde ! »

Reste que la règle des 30 personnes dans les lieux de culte, même si elle est appliquée en Sarthe, fait bondir certains prêtres. « C’est absurde de traiter de la même manière une chapelle et une église de 800 places, comme celle de Saint Thomas à La Flèche », fait remarquer le père François Cléret. « Les gouvernants manquent de bon sens ! », tranche le curé. « Au Mans, nous avons la chance d’avoir, en centre-ville, de grands édifices permettant de nous espacer à l’intérieur », souligne pour sa part le père Benoit Pierre. « C’est d’ailleurs ce que nous faisions depuis le printemps », rappelle le curé de l’ensemble paroissial Cathédrale – Notre Dame de la Couture qui compte environ un millier de fidèles réguliers. « J’espère que ces mesures sont très temporaires. Nous attendons avec impatience de nouvelles dispositions », ajoute le prêtre.
 

La règle pourrait s'assouplir rapidement

La question du nombre de fidèles pouvant accéder aux édifices religieux pourrait évoluer très prochainement. La Conférence des Evêques de France (qui, notamment, représente les évêques auprès des pouvoirs publics) a déposé un recours au Conseil d’Etat. Ce référé-liberté devait être examiné ce samedi 28 novembre dans l’après-midi. Les représentants de la Conférence des Évêques de France ont également rendez-vous ce dimanche soir avec le Premier Ministre. Dans un communiqué au ton inhabituel, ils avaient dénoncé, après l’annonce par le chef de l’Etat de la limitation à 30 personnes les cultes publics, une décision « irréaliste, inapplicable et irrespectueuse ».
 

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