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Société

#MeToo : une centaine de femmes réunies à Marseille contre le harcèlement sexuel

dimanche 29 octobre 2017 à 23:05 Par Armêl Balogog, France Bleu Provence

Elles ont répondu à l’appel du Collectif 13 Droits des Femmes, ce dimanche 29 octobre après-midi, pour dénoncer le harcèlement sexuel, les agressions sexuelles et les viols que subissent les femmes.

#MeToo : une centaine de femmes rassemblées à Marseille contre le harcèlement sexuel
#MeToo : une centaine de femmes rassemblées à Marseille contre le harcèlement sexuel © Radio France - Armêl Balogog

Marseille, France

Certaines ont écrit #MeToo sur leur tee-shirt ou sur des pancartes. #MeToo, c’est le symbole de la libération de la parole des femmes qui osent dénoncer le harcèlement qu’elles subissent, d’abord sur les réseaux sociaux puis dans la rue. Sur Twitter, elles utilisent aussi le hashtag #BalanceTonPorc. Deux mots-clés popularisés depuis le début de l’affaire Harvey Weinstein, le 5 octobre.

Pendant deux heures, sous l’Ombrière du Vieux-Port de Marseille, après le chant de l’Hymne des femmes, une dizaine de participantes parmi la centaine présentes ont témoigné publiquement d’un épisode traumatisant de leur vie. Des viols, des agressions sexuelles, du harcèlement scolaire, professionnel, de rue.

Voici deux témoignages des difficultés quotidiennes qu’elles subissent.

Vanessa, 34 ans, a échappé au viol

Vanessa dit avoir échappé à deux tentatives de viol quand elle avait entre 15 et 20 ans. "Vous rentrez de l’école en hiver, vous tombez sur une personne pas très bien intentionnée, ça passe par des coups, etc. J’ai eu la chance de réussir à me défendre. J’ai eu une réaction de survie qui a été de taper très fort, de crier très fort, ce qui m’a permis de me sauver de cette situation-là, les deux fois."

"Ce sont des choses qui sont assez traumatisantes." Vanessa

Elle a dessiné une croix noire sur sa bouche, pour symboliser le silence imposé aux femmes et la difficulté de parler. Elle, elle a parlé, mais ses interlocuteurs n’étaient pas très à l’écoute. "Il y a très souvent des mécanismes de minimisation : C’est bon du coup, t’as pas été violée, c’est pas grave." Elle dénonce aussi la culpabilisation des victimes, en leur reprochant leurs comportements. On lui a dit "la prochaine fois, prends le bus".

"La personne qui agresse, elle agresse. La victime n’a pas demandé à être agressée." Vanessa

Jeanne, 16 ans, subit un harcèlement de rue quotidien

"Quand je vais au lycée, quand je sors sur la plage l’après-midi. On se fait siffler, on se fait interpeller en permanence, déplore-t-elle. Que ce soit le jour, la nuit, entourée, seule, c’est quotidien. Parfois c’est des insultes, des interjections. On se fait siffler, on se fait regarder de haut en bas. Ou que ce soit en voiture. Il y a des personnes qui s’arrêtent. Parfois on se fait suivre. Et heureusement moi je n’ai connu que les paroles."

"On a vraiment l’impression d’être un objet. Il n’y a pas de respect." Jeanne

"On vit dans la peur et du coup on change de trottoir, on va faire attention à notre façon de s’habiller. On ne se sent plus nous-mêmes. On est obligées de faire attention au regard des hommes parce qu’il y a une peur qui se développe et, forcément, on va changer notre attitude même si elle est complètement décente. On perd confiance en soi. Ça atteint vraiment la personne."

"On baisse la tête et on marche, on n’a pas le choix." Jeanne

Le rassemblement #MeToo à Marseille pour libérer la parole des femmes sur le harcèlement sexuel - Radio France
Le rassemblement #MeToo à Marseille pour libérer la parole des femmes sur le harcèlement sexuel © Radio France - Armêl Balogog