Société

Metz Blida : "Ici, les demandeurs d'asile vivent dans la merde"

Par Clément Lhuillier, France Bleu Lorraine Nord jeudi 6 juillet 2017 à 13:39

Il n'y a plus de place dans le camp de Blida à Metz pour accueillir les demandeurs d'asile toujours plus nombreux
Il n'y a plus de place dans le camp de Blida à Metz pour accueillir les demandeurs d'asile toujours plus nombreux © Radio France - Clément Lhuillier

La situation devient de plus en plus précaires pour les demandeurs d'asile du camp de Blida à Metz. Il n'y a plus de place, et les conditions de vie se dégradent. Certaines familles ont trouvé refuge au camping municipal.

Cela n'est pas encore une jungle, comme à Calais, mais au rythme où vont les choses, cela ne saurait tarder. Ouvert en avril, pour installer les demandeurs d'asile arrivant à Metz, le camp de Blida déborde dans des proportions inquiétantes.

Devant les grilles (l'accès au camp est interdite aux journalistes), les poubelles débordent, des détritus jonchent le sol. A l'intérieur, les tentes s'entassent les unes contre les autres, à même le sol. Les "commodités" (sanitaires, cuisine) installées au départ ne suffisent plus pour un si grand nombre de personnes. Les conditions de vie deviennent de plus en plus précaires, surtout en cés périodes de fortes chaleur. Par deux fois, une femme enceinte de 7 mois, a été prise en charge par les pompiers, victime d'un coup de chaud. La promiscuité provoque également de nombreuses tensions entre les différentes communautés.

Des familles envoyées au camping municipal

Selon des bénévoles qui interviennent quotidiennement auprès de ces familles, pour la plupart issues des pays des Balkans, mais aussi d'Afrique ou d'Afghanistan, ils seraient actuellement plus de 600 à survivre dans le bidonville, dont des dizaines d'enfants en bas âge. En début de semaine, des familles ne trouvant pas de place dans le camp se sont installées sur le trottoir, en face. Elles ont été délogée par la police. Alors mercredi soir, plusieurs personnes ont trouvé refuge au camping municipal de Metz. Il y a bien, régulièrement, des départ vers des centres d'accueil, dans la région et en dehors. Mais les arrivées sont toujours supérieures.

Les bras m'en tombent, je ne trouve plus de mots. On les laisse vivre dans la merde - Chantal Muszynski, membre du collectif mosellan de lutte contre la misère

Le collectif mosellan de lutte contre la misère dénoncent l'inaction de la préfecture et la mairie. Il réclame la mise à l'abri de toutes les personnes dont le dossier de demande d'asile est en cours de traitement. Et dans l'urgence, l'ouverture d'un parking voisin, pour désengorger le camp.

Les tentes s'entassent, derrières des grilles gardées par des vigiles qui en empêchent l'accès - Radio France
Les tentes s'entassent, derrières des grilles gardées par des vigiles qui en empêchent l'accès © Radio France - Clément Lhuillier

Certains bénévoles, non membres d'associations, qui aident les demandeurs d'asile, s'inquiètent également de ne plus avoir accès à l'intérieur du camp. "On ne peut plus apporter de nourriture, d'eau, de tentes ni de couvertures," confie Claude, l'un d'eux. "Et surtout, on ne peut plus constater des conditions inhumaines dans lesquelles ils vivent."