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Metz : dans le quotidien d'un bidonville de Roms

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Par , France Bleu Lorraine Nord, France Bleu
Metz, France

Depuis fin 2015, une quarantaine de Roms vivent à Metz dans un bidonville, installé avenue Louis le Débonnaire. Entre problèmes pour trouver du travail et conditions d'hébergement problématiques, France Bleu vous propose de découvrir le quotidien de ces hommes et ces femmes.

Le bidonville de l'avenue Louis le Débonnaire a été installé fin 2015.
Le bidonville de l'avenue Louis le Débonnaire a été installé fin 2015. © Radio France - Cédric Lang-Roth

Si vous habitez Metz, vous êtes surement déjà passé devant, c'est le long de la Seille. Le camp de l'avenue Louis le Débonnaire, à côté de la piscine Lothaire. Un bidonville avec une quinzaine de familles de Roms, des enfants. Qui sont-ils ? Comment y vivent-ils ? Voilà les questions que nous nous sommes posées. Alors France Bleu est allé voir, sur place, à quoi ressemble leur vie.

Le reportage de Cédric Lang-Roth au sein du bidonville de l'avenue Louis-le-Débonnaire à Metz

Des cabanes de bric et de broc

Le camp est coincé entre 3 stades de foot et la voie ferrée. Ici, il n'y a pas de l'électricité toute la journée. Ici, il y a une seule arrivée d'eau, dans un bâtiment de sanitaires. Et pourtant, ici, il y a une quarantaine de personnes, dont 15 enfants, qui vivent. "Je ne parle pas bien français". Isabella est une jeune brune. Dans ses bras, un bébé de même pas un an. Anaïs est née l'été dernier. Nous sommes dans l'allée centrale, gravillonnée depuis peu. Tout autour, 15 cabanes, faites de bric et de broc. Bouts de bois, fenêtres récupérées, bâches pour faire office de toit. Très vite, Isabella veut montrer les sanitaires. "Il n'y a pas d'eau chaude dans les douches." Elle ouvre le robinet, comme pour prouver ce qu'elle dit. "Pas d'eau chaude, je ne prends pas de douche."

Marius, son mari, se joint à nous. Il est en France depuis 2009. Sa journée ? "Le matin, je fais la manche. Ensuite, je reviens manger avec la famille, puis on discute avec la famille." Il nous emmène dans sa cabane, d'une surface d'à peine 12 mètres carrés. "On est à trois ici, ma femme et moi, et la petite." Un lit, un poêle à bois. Dans un coin, quelques photos de famille sont accrochées. Et c'est à peu près tout. Marius le dit, ses matinées, il les passe à faire la manche. Il gagne entre 5 et 15 euros par jour. "Le problème, c'est qu'il n'y a pas de travail. Je sais que ça n'est pas génial, mais je suis obligé de rester. La Roumanie, c'est très difficile pour nous !"

Scolarisation des enfants et éducatrice spécialisé

Car en effet, ces familles ne sont ni migrantes, ni demandeurs d'asile. Ce sont des Roms, des Européens, qui ont le droit, comme n'importe quel Allemand ou Italien, de s'installer en France. Et cela fait un peu plus d'un an maintenant qu'ils ont établi domicile dans ces baraques. Jugés non intégrables par les services de l'État, ce sont d'autres acteurs qui ont dû prendre le relais. Avant, ils occupaient un autre bidonville, du côté de Metz Nord, avant de se faire expulser. Un passage au camping municipal, et les voilà, donc, dans ce camp de l'avenue Louis le Débonnaire.

"L'initiative a été de dire : de toute façon, laissons-les dans un bidonville, explique Raphaël Pitti, le conseiller municipal en charge de l'urgence sociale. Mais arrêtons de les chasser. Et réfléchissons plutôt à partir du bidonville." Et c'est ce qui s'est passé. Les enfants ont été scolarisés. Une éducatrice spécialisée a été désignée pour accompagner les familles.

Les rats pullulent

Plus d'un an après, où en est-on ? Trois familles ont quitté le bidonville car elles ont trouvé un logement pérenne et un emploi. Et outre les associations, une petite dizaine de bénévoles intervient sur le camp. Comme Claude venu une première fois par hasard, et qui s'est petit à petit attaché aux familles. "Il y a des choses qui ne vont pas, explique-t-il. Par exemple, pour leurs douches, ils ont une consommation de bois faramineuse. On leur a aussi fait un réseau électrique complet et je trouve invraisemblable qu'on ne leur ait fourni que deux groupes électrogènes alors que le plus simple aurait été de les relier au réseau et de leur mettre un compteur."

Mais pour Cécile, une autre bénévole, le problème fondamental, ce sont les rats, qui pullulent : "la nuit, ils laissent la lumière allumée, car s'ils l'éteignent, les rats leur marchent dessus. Et ça, je ne comprends pas que ce ne soit pas réglé". À cela, Raphael Pitti répond que c'est le comportement des habitants qui pose problème : "nous leur disons en permanence de ne pas laisser de nourriture à l'extérieur, et pourtant ils le font. Après, ils arrivent ici avec leur mode de vie, et nous devons les aider. Donc il y a un processus éducationnel qui est important et qui prend du temps".

Mais ce qu'il faudrait, tout le monde s'accorde sur ce point, c'est du travail. Pour ne plus faire la manche. Et sortir de là.

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