Société

Metz dit oui au terrain pour la future mosquée

Par François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord vendredi 1 novembre 2013 à 13:38

Dominique Gros
Dominique Gros © Maxppp

La mise à disposition d'un terrain (1,2 hectares) boulevard de la Défense pour la future grande mosquée de Metz a bien été adoptée, au bout d'une heure de débats à la réunion du conseil municipal du 31 octobre 2013. Une délibération d’ailleurs adoptée à l'unanimité car l'opposition a refusé de prendre part au vote.

L’opposition de droite a répété qu’elle n’était pas contre la mosquée, mais contre un projet jugé « pas abouti et électoraliste à 5 mois des échéances municipales  ».

Le terrain est loué pour un montant symbolique de 15 euros par an. Le concordat le permet même si le culte musulman ne fait pas partie des religions reconnues. Un spécialiste du droit local, Bernard Zahra l’a affirmé à France Bleu Lorraine.

L’opposition a donc essayé de ne pas s'associer à un projet pour lequel elle n'a pourtant rien contre. La première offensive est lancée par la chef de file de l'UMP aux prochaines élections, Marie-Jo Zimmermann : « si pour la religion musulmane la ville met à disposition le terrain destiné à une mosquée, les demandes qui émaneraient à l’avenir d’autres religions devront être traités strictement de la même façon  ».

 

« Vous cherchez à gonfler les voix du FN »

 

L'UDI poursuit avec Nathalie Colin-Oesterlé « le moment est mal choisi à cinq mois des élections  ». Le divers droite Emmanuel Lebeau enfonce le clou « vous avez essayé de monter les messins les uns contre les autres pour agiter le chiffon rouge de la mosquée à Metz dans le but de faire gonfler les voix du FN  ».

Le communiste Jacques Marechal prend alors la parole pour soutenir la majorité : « nous pouvons envoyer un message de tolérance et de fraternité, d’abord à tous les musulmans puis au-delà à tout ceux qui considèrent que vivre ensemble peut se renforcer chaque fois que la vraie laïcité progresse  ».

L’opposition refuse de prendre part au vote, elle estime que l'association qui s'occupera de la mosquée n'est pas assez représentative de la communauté musulmane. La question de l'origine des fonds est également posée.

Le maire socialiste Dominique Gros répond : « chez les musulmans, ce n’est pas simple, car il n’y a pas de chef. Donc il faut se mettre d’accord, ce n’est pas gagné à 100% mais à 70% et on est bien content  ».

La délibération a donc été adoptée à l’unanimité car l’opposition n’a pas pris part au vote. Dans le public, des musulmans ont applaudi. L’union des associations cultuelles et culturelles des musulmans de Metz a maintenant trois ans pour lancer la construction.