Société

Metz : insultes et "querelles de pouvoir" entre les bénévoles du camp de Blida

Par Clément Lacaton, France Bleu Lorraine Nord jeudi 21 septembre 2017 à 9:16

Le camp de migrants de l'avenue de Blida à Metz (archives)
Le camp de migrants de l'avenue de Blida à Metz (archives) © Maxppp - PHOTOPQR/LE REPUBLICAIN LORRAIN

Les insultes et les menaces fusent entre membres des collectifs et associations sur le camp de migrants de Blida à Metz. Une réunion de médiation a dû se tenir mardi soir, mais "l'épuisement" des bénévoles prend le dessus.

Rien ne va plus entre les bénévoles du camp de Blida à Metz, ce qui est loin d'arranger les choses sur ce célèbre campement de migrants. 400 demandeurs d'asile (plus de 500 selon certaines associations) y dorment chaque nuit, dans des conditions de vie insalubres. Entre les toiles de tente, des problèmes sanitaires et de violence... Un parking transformé en camp six mois de l'année depuis 2013. Le rôle des associations humanitaires sur place est indispensable. Problème : la tension monte entre les bénévoles eux-mêmes.

"Un symptôme d'épuisement, d'impuissance"

Sylvie Deville, membre du collectif Soleil de Blida, parle de "querelles d'ego et de pouvoir". "Un symptôme d'épuisement, d'impuissance. Chacun essaie de faire ce qu'il peut, n'y arrive pas donc regarde ce que fait l'autre, va critiquer." D'où une certaine agressivité. Jusqu'à présent, c'était ce collectif qui coordonnait sur place les différentes associations. Des bénévoles à la tête d'autres bénévoles, une situation devenue incontrôlable... Il a donc fallu une réunion de médiation mardi soir, pour apaiser les tensions. Enfin presque...

"On a réorganisé les choses, explique-t-elle. Qui s'occupe de l'accueil des nouveaux arrivants, qui s'occupe des besoins quotidiens, qui s'occupe de l'alimentation. Donc effectivement sur le papier les choses se sont arrangées mais le problème reste entier au niveau des bénévoles."

Signer un règlement pour entrer sur le camp

Selon elle, un autre point "cristallise ces tensions" : la signature d'une charte pour pouvoir accéder au camp, un règlement instauré par la société Adoma, chargée par l'Etat de sécuriser les lieux. Une mesure très critiquée, notamment par Eric Graff, porte-parole du Collectif mosellan de lutte contre la misère : "Signer une charte ça veut dire d'une certaine manière cautionner ce dispositif qui est un scandale. Par contre on se battra ! Si on nous empêche d'entrer alors là on va se battre."

Se battre pour venir en aide aux migrants : tous les bénévoles sous le même drapeau. Encore faudrait-il un porte-drapeau, un coordinateur. Mais pour l'instant, il n'y en a pas. "Ca reste un bidonville", nous a confié de son côté une responsable de Médecins du monde. Autrement dit tous les bénévoles doivent pouvoir y accéder.

Démantèlement dans les semaines qui viennent

Officiellement le camp de Blida est ouvert d'avril à octobre. Il doit être démantelé pour l'hiver dans les semaines qui viennent, mais l'évacuation ne devrait pas être possible avant mi-novembre. La préfecture nous a confirmé ce mercredi que cette structure est "provisoire" et qu'elle a "vocation à être démantelée" mais refuse "pour l'instant" de nous dire quand le camp de Blida sera évacué.

REPORTAGE FRANCE BLEU LORRAINE/CLEMENT LACATON