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Société

Metz : un collectif honore les victimes d’un drame de l’histoire

samedi 23 juillet 2016 à 20:29 France Bleu Lorraine Nord et France Bleu

Pour la première fois à Metz, le collectif Juillet 61 a rendu hommage ce samedi 23 juillet aux victimes de ce que l’on a appelé « la Nuit des paras ». En 1961, une rixe avait éclaté entre des militaires et des algériens. Bilan : quatre morts, des dizaines de blessés, et une chasse à l’homme.

La gerbe de fleurs déposée sur le Pont Saint-Georges à Metz en hommage aux victimes du 23 juillet 1961
La gerbe de fleurs déposée sur le Pont Saint-Georges à Metz en hommage aux victimes du 23 juillet 1961 © Radio France - Lola Fourmy

Metz, France

Ils ont choisi un compte rond pour lancer leur collectif : 55 ans. Cela fait 55 ans cet été que la nuit du 23 au 24 juillet s'est transformée en cauchemar dans les rues de Metz. Alors que la Guerre d’Algérie n’est pas terminée, des militaires du 1er régiment des chasseurs parachutistes rentrent de l’autre rive de la Méditerranée, pour se reposer en Lorraine. Ce fameux soir du 23 juillet 1961, une violente rixe éclate dans le dancing du Trianon, à Montigny-lès-Metz, entre une quinzaine de paras et des clients algériens. Deux militaires sont tués ainsi que le barman. S’en suit alors une véritable « ratonnade ». Une chasse à l’homme qui rassemble alors plusieurs centaines de militaires. Le quartier de la Gare et le Pontiffroy à Metz sont particulièrement visés. D’après de nombreux témoignages, toutes les personnes ressemblant, de près ou de loin, à des personnes d’origines maghrébines étaient insultées, frappées, voire jetées depuis le Pont Saint -Georges dans la Moselle pour certaines d’entre elles.

« Je tenais un établissement dans le Pontiffroy, un client est arrivé et m’a dit de tout fermer. Heureusement, les militaires ont fait demi-tour juste avant, ça aurait été un carnage ! » Tahar

C’est très ému que Tahar se rappelle ce soir-là. Avec son oncle, ils tiennent un établissement dans le Pontiffroy, où vivent 68 personnes à cette époque là. Il se rappelle encore les scènes décrites par ses amis.

« Au Buffet de la Gare, les clients ont tous été mis contre le mur, et dès que les paras voyaient un visage basané, ils l’embarquaient ou le massacraient, y compris un italien et un espagnol » Tahar

Reportage : l'hommage rendu aux victimes du 23 juillet 1961 à Metz

Reportage : l'hommage rendu aux victimes du 23 juillet 1961 à Metz

Un devoir de mémoire, pour l’avenir

Le collectif Juillet 61 a donc déposé une gerbe de fleurs en hommage aux victimes ce samedi 23 juillet,. D’abord à Montigny-lès-Metz, puis sur le Pont St-Georges près du Pontiffroy. Des fleurs pour "toutes les victimes de ce drame", précisent les membres du collectif. Car aujourd’hui, aucun d’entre eux ne cherchent à accabler tel ou tel camp, ni à rétablir de vérité. L’objectif du collectif est plutôt d’informer et de prévenir, rappeler que ce qui s’est passé ne doit pas se reproduire à l’avenir. "Le contexte actuel mérite qu'on se plonge dans l'histoire pour savoir ce qu'on ne doit pas faire" explique Anifa, membre du collectif.

« On voudrait éviter que si demain, il y a de nouveaux attentats, la population ne se substitue aux juges et ne trouve un bouc émissaire, c’est trop facile de trouver un bouc émissaire » Yvon Scheleret membre du collectif

Yvon Scheleret membre du collectif Juillet 61

Aujourd’hui, bien loin de vouloir réveiller de vieux démons, le collectif œuvre plutôt pour un rapprochement et un apaisement. Son prochain combat, demander que deux plaques soient déposées en mémoire des victimes de cette nuit du 23 juillet 61, toutes les victimes.