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Société

Migrants à Calais : du mieux dans la distribution des repas

jeudi 5 avril 2018 à 18:01 Par Matthieu Darriet, France Bleu Nord

Après un mois de fonctionnement, le bilan est mitigé pour les distributions alimentaires de l'Etat.Plus de 1.000 repas par jour sont donnés. Mais les policiers qui détruisent les tentes des réfugiés n'incitent pas à la confiance. Les associations poursuivent leur action auprès des migrants.

Sur le principal lieu de distribution, on retrouve surtout les migrants venus d'Afrique. Les Afghans se retrouvent près de l'hôpital.
Sur le principal lieu de distribution, on retrouve surtout les migrants venus d'Afrique. Les Afghans se retrouvent près de l'hôpital. © Radio France - Matthieu Darriet

Calais, France

C’était il y a un mois. L’Etat reprenait la main sur la distribution alimentaire aux migrants, à Calais. Aujourd'hui, entre les petits déjeuners et les repas, environ 1.000 rations sont servies quotidiennement. Les premiers jours ont été chaotiques, avec un boycott des réfugiés. Mais depuis, le dispositif a été modifié. Il est plus mobile, et les policiers se sont un peu éloignés. C’est l’association La Vie active qui a été mandatée par l’Etat pour assurer ces deux distributions quotidiennes.

Des destructions d'abris pendant les repas

Sur le principal lieu de distribution, rue des Huttes, non loin du port de Calais, les réfugiés se mettent en ordre, chacun son tour devant le food-truck. Au menu, ce jour-là, du sauté de volailles aux champignons, que les réfugiés vont manger sous un préau aménagé. Un dispositif qui s’est adapté, souligne Stéphane Duval, de La vie active : 

Il fallait un lieu un peu plus fixe et puis une rotation, avec une navette, pour aller distribuer dans des lieux plus difficiles d'accès. Et aujourd'hui le dispositif fonctionne.

Un préau a été aménagé pour permettre aux migrants de manger à l'abri.  - Radio France
Un préau a été aménagé pour permettre aux migrants de manger à l'abri. © Radio France - Matthieu Darriet

Mais tous les migrants ne viennent pas pour ces distributions officielles. Il y a un vrai problème de confiance, car les policiers démantèlent les camps et détruisent les tentes pendant les repas. Le sentiment est donc mitigé, raconte un réfugié éthiopien : 

On mange bien, c'est bon. Mais la police, c'est toujours une catastrophe pour nous, parce qu'ils prennent nos tentes. Par exemple, la semaine dernière, ils ont pris mon sac, et dedans il y avait des documents très importants. 

Toujours des repas distribués par les associations

Ce double discours de l’Etat, humanité et répression, agace les associations. Loan Torondel est le coordinateur de l‘Auberge des migrants : 

C'est pas parce que l'Etat leur donne à manger qu'il peut se permettre des abus, derrière. Aujourd'hui, c'est l'ONU qui dénonce la destruction des camps et le manque d'accès à l'eau, notamment pour ceux qui ne vont pas aux distributions de l'Etat. Nous on dénonce depuis longtemps le non respect des droits, ici, mais maintenant c'est l'Onu qui le dit. C'est grave ! 

L’Auberge des migrants continue donc de distribuer des repas et de l’eau, pour environ 300 personnes. Ce qui vaut aux bénévoles des convocations au commissariat.