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Migrants : ces oubliés du périph parisien "qui ne dérangent plus personne"

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Par , France Bleu Paris, France Bleu

Ils sont des centaines, hommes, femmes, enfants, entassés sous des tentes de fortune, en bordure du périphérique parisien, malgré les risques d'accident. Pour les associations, le problème c'est qu'il n'y a "pas de riverains pour se plaindre, ils ne dérangent plus personne".

Des centaines de migrants, entassés en bordure de périphérique
Des centaines de migrants, entassés en bordure de périphérique © Radio France - Sylvie charbonnier

D'après les chiffres de France terre-d'asile, on compterait, actuellement, autour de 2 500 migrants, dans les campements parisiens. Ce sont des hommes, des femmes, des enfants, qui, pour la plupart, ont fui les violences et les guerres de leur pays.

Ils viennent, essentiellement d'Erythrée, d'Afghanistan, de Somalie et du Soudan. Un grand nombre d'entre eux, se retrouvent, sous des abris de fortune, en bordure du périphérique, notamment porte de la Chapelle, porte d'Aubervilliers et jusqu'à l'avenue Wilson, à Saint-Denis. 

Cela fait des années que les associations tirent la sonnette d'alarme, des mois que la maire de Paris, Anne Hidalgo, se rend sur place, pour dénoncer la situation et solliciter l'Etat et pourtant, la situation ne fait qu'empirer. 

les migrants du bord du périphérique
les migrants du bord du périphérique © Radio France - Sylvie Charbonnier

"On les oublie car ils ne dérangent personne" - association Utopia 56

Quand on demande aux bénévoles des associations pourquoi ces populations se retrouvent-elles ici, en bordure de périphérique, dans la pollution des pots d'échappement, avec les risques d'accidents, c'est toujours la même réponse. 

Pour Julie, salariée de l'association Utopia 56, "Ici, il n'y a pas de riverains pour se plaindre, donc, ils ne dérangent personne et la police les laisse tranquilles". De là à sous-entendre que la situation arrange tout le monde, il n'y a qu'un pas. Un avis, que dénonce la première adjointe au maire du 18e, Karine Rolland : "Bien sûr que ça n'arrange personne, ça complique le travail des associations et des agents de la ville, ça rend plus difficile les maraudes !

D'après la préfecture de Région, chaque semaine, des bus viennent à proximité, pour ceux qui souhaitent une prise en charge, mais "ceux qui n'ont plus aucun droit préfèrent quitter les lieux et passent à travers les mailles". Selon Bruno André, directeur de cabinet du préfet de région, "on ne manque pas de place, en Ile-de-France, la situation s'est stabilisée"

La Halte de la Chapelle, bientôt fermée

Grâce à l'aide d'un promoteur, la Ville de Paris a mis en place, porte de la Chapelle, un lieu d'accueil, la Halte, où les migrants qui le souhaitent, peuvent venir prendre une douche, recharger leur téléphone, rencontrer les associations ou se reposer un peu à l'abri. 

Ils sont environ 300, à passer là chaque jour. Cependant, la structure n'est que temporaire. Elle devait fermer fin août 2019. La Ville a réussi à prolonger son ouverture jusqu'à fin septembre. Si la Halte devait effectivement fermer, la situation deviendrait encore plus terrible pour ces personnes, qui n'ont, dans leurs campements, aucun moyen de respecter l'hygiène la plus élémentaire. Les maladies s'y répandent, au milieu des rats et des immondices. 

les migrants du périphérique parisien
les migrants du périphérique parisien © Radio France - Sylvie Charbonnier

Parmi ces damnés du périph, 15 % sont des réfugiés statutaires

Côté préfecture de Région, on affirme que les places ne manquent pas, en Ile-de-France. Alors, comment expliquer que les campements soient toujours là et continuent à grossir? 

Ils seraient une centaine, chaque jour, à arriver à Paris. Pour l'association Utopia 56 et son co-fondateur, Yann Manzi, "c'est ce que l'Etat voudrait faire croire, mais en réalité, ces migrants ne font que tourner d'un point à l'autre". 

Dans les campements se trouvent ceux qui n'ont plus le droit de rester sur le territoire mais aussi ceux qui ne connaissent pas le pays et qui préfèrent rester auprès de compatriotes arrivés ici avant eux. Pourtant, les associations affirment que, parmi ces populations, 15 % sont des réfugiés statutaires qui ont quitté leurs pays en guerre ou en proie aux violences et qui ont obtenu la protection de la France. 

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