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Société

Migrants de Calais : un mois après, que sont-ils devenus ?

jeudi 24 novembre 2016 à 16:56 Par Marina Cabiten, France Bleu

Le camp de migrants de Calais a été démantelé il y a un mois ce jeudi. Une grande partie de ses occupants ont été répartis aux quatre coins de France, dans 450 centres d'accueil. France Bleu a voulu savoir comment la situation a évolué depuis.

Des migrants quittant le camp de Calais, le 24 octobre 2016.
Des migrants quittant le camp de Calais, le 24 octobre 2016. © AFP - AFP

Ce sont 2.318 migrants qui ont été évacués le 24 octobre du campement de Calais. La plupart ont été emmenés dans 450 centres d'accueil, où beaucoup de places avaient été créées en amont pour les accueillir, sur ordre du gouvernement. Parfois dans des gymnases, des salles municipales ou des anciennes écoles, ces réfugiés sont arrivés dans des communes aux différents profils, mais où souvent leur arrivée avait suscité des craintes, voire de l'hostilité. Un mois après, France Bleu a voulu savoir comment se passait cette cohabitation. Et le bilan est positif.

Après la peur, l'apaisement

"Avant qu'ils arrivent, oui j'avais peur", confie une habitant d'Arès en Gironde, où la municipalité non plus ne voulait pas de ces migrants de Calais. Le centre d'accueil choisi par la préfecture avait été la cible de départs d'incendies volontaires. "Cétait ridicule ce qu'on a fait", estime aujourd'hui cette même Girondine. "Ma vie n'a pas changé depuis un mois", et l'arrivée de vingt jeunes filles qui occupent un centre de vacances EDF.

"Ces craintes étaient normales et c'était à nous de les démystifier même si certains ont voulu mettre de l'huile sur le feu", selon le maire de Serquigny dans l'Eure où le Front national avait organisé une manifestation contre l'arrivée de trente réfugiés. Pour apaiser le climat, Lionel Prévost a invité un ancien ambassadeur de France en Afghanistan qui a pu expliquer les raisons pour lesquelles ces gens ont quitté leur pays.

Serge, originaire du Congo, est arrivé avec ses enfants à Allex, petit village de la Drôme où l'accueil de migrants avait divisé la population. "Il y avait des gens qui n'étaient pas d'accord pour que l'on viennent, c'est vrai", raconte Serge. "Peut-être qu'ils ont cru que nous étions mal-intentionnés, mais maintenant nous sommes ensemble, nous sommes des êtres humains comme vous."

Élans de solidarité

Un mois après le début de cette cohabitation, la méfiance est souvent retombée. "Ils sont très souriants, quand on les croise, ils disent toujours 'bonjour', souligne Christine qui vit à Bretteville-sur-Laize, au sud de Caen, où se trouvent 32 migrants qui occupent une ancienne maison de retraite. Sonia la boulangère laisse son fils de six ans jouer avec eux lorsqu'elle leur apporte ses invendus, chaque soir.

Car au-delà de l'acceptation, certains habitants affichent désormais leur solidarité. Plus de 250 bénévoles à Arès en Gironde ont d'abord donné des vêtements aux jeunes réfugiées, et leur organisent aujourd'hui des activités créatives ou sportives, comme apprendre à faire du vélo. En pleine forêt limousine à Saint-Léger-la-Montagne, une habitante a fait un don conséquent pour acheter des chaussures neuves à l'ensemble des 35 migrants. Le maire de Bretteville-sur-Laize croûle sous les demandes de bénévolat et va donc créer un collectif.

"Il y a une responsabilité citoyenne que l'on voit un peu partout, notamment dans les villages. C'est beau." - Monseigneur Jacques Gaillot, évêque engagé en faveur des sans-papiers

Envisager l'avenir un peu plus sereinement

"C'est ça, la vraie image de la France", estime Amina qui a participé à une grande collecte de vêtements à Allex dans la Drôme. "Je suis content d'être ici, on a l'occasion de rire, de plaisanter", raconte Mohamed. Ce jeune Éthiopien est désormais au milieu de la forêt limousine, dans un village de 300 âmes où l'auberge est le seul commerce. C'est à la salle des fêtes qu'ils se sont tous retrouvés, habitants et migrants, autour d'un repas.

À Allex "il y a encore des tensions au conseil municipal", pondère Jacques, un habitant. Le maire a mis en place un comité de suivi et un bilan de l'accueil est prévu fin novembre. Le maire de Serquigny dans l'Eure insiste sur le caractère provisoire de la situation : "Il faut aussi qu'on fasse en sorte que ces gens puissent avoir un parcours dans notre pays".

Si certains nourrissent toujours l'espoir d'atteindre l'Angleterre, d'autres migrants espèrent rester en France. Dans les communes, les habitants se mobilisent aussi, bénévolement, pour leur donner des cours de français et les aider dans leurs démarches administratives. Cet accueil dans des centres est une phase transitoire. Prochaine étape : la demande d'asile.

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