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Société

Migrants hébergés à Auxonne : "envie d'une vie normale"

lundi 2 novembre 2015 à 17:42 Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne

La commune d'Auxonne héberge depuis vendredi soir une petite trentaine de migrants, arrivés en bus du camp de Calais. A la demande de l'Etat, la préfecture de Bourgogne a en effet accepté d'accueillir temporairement 27 Soudanais et 2 Erythréens sur la base de loisirs communale.

Ali (au centre) aimerait rester en France pour y finir ses études et travailler
Ali (au centre) aimerait rester en France pour y finir ses études et travailler © Radio France - Arnaud Racapé

Ces réfugiés, tous des hommes seuls âgés de 20 à 35 ans, sont pris en charge par la Ligue de l'enseignement dans les locaux de la base de loisirs d'Auxonne, fermée pendant les mois d'hiver. Tous étaient installés dans des conditions déplorables à Calais en attendant de passer en Angleterre. Mais pour certains, ceux qui parviennent à échanger en anglais, ils affirment vouloir désormais s'installer sur le sol français.

Accueil temporaire

Cette installation en Bourgogne est une installation temporaire visant à désengorger le camp de Calais. L'Etat avait besoin de l'aide des collectivités, et la région s'est portée candidate. Et il ne s'agit en aucun cas de les "enfermer", affirme le préfet de région Eric Delzant. "Les personnes qui sont ici sont libres de leur mouvement. Si elles veulent aller en ville elles iront. On va avoir des associations qui vont sans doute nous proposer leurs services. On va voir avec elles comment elles peuvent intervenir. Ce qu'il faut c'est que ces personnes s'occupent. Ils ont demandé à apprendre le français, ce qui est une très bonne chose qu'on va essayer de mettre en place très vite. Ça tombe bien parce que c'est la Ligue de l'enseignement qui gère ce centre. Je pense que c'est la meilleure façon de s'intégrer." 

De la "jungle" de Calais au calme des bords de Saône

Les locaux de la base de loisirs d'Auxonne, en bord de Saône - Radio France
Les locaux de la base de loisirs d'Auxonne, en bord de Saône © Radio France - Arnaud Racapé

Regard perdu dans le vide ou plongé dans leur portable, ils sont encore perdus, en manque de repères. La barrière de la langue n'aide pas, c'est vrai, alors certains donnent le change avec une poignée de main bien ferme, ou un large sourire. Des sourires qui cachent systématiquement des histoires dramatiques, à l'image d'Ali, étudiant de 22 ans : il a quitté les violences du Darfour et rejoint l'Europe il y a deux mois par bateau, en passant par la Libye.

Maintenant, je veux rester en France

"Vous savez au Darfour, le gouvernement soudanais tue les gens. Beaucoup de mes proches sont morts. C'est pour ça que je suis ici. Mon père, ma mère, mes frères et soeurs, ils sont tous restés là-bas." Pensionnaire de l'immense camp de réfugiés à Calais, Ali semble s'être fait une raison. Il souhaite désormais faire de la France son pays d'accueil : "j'étais à Calais et je voulais aller en Angleterre, c'est vrai. Mais maintenant je veux rester en France, j'ai envie d'apprendre le français, de trouver un travail, d'avoir une vie normale." 

Des conditions de vie dignes, et humaines

Une vie normale qui dépendra beaucoup de l'aboutissement de sa demande d'asile. Sous quel délais ? Personne ici n'ose s'avancer. Sans doute plusieurs mois, jusqu'à la réouverture de la base au public, au printemps.  En attendant, ils trouveront ici, enfin, des conditions de vie dignes, se réjouit Bruno Lombard, le président de la ligue de l'enseignement pour la Côte-d'Or. 

"C'est un lieu qui accueille habituellement des enfants en colonie. Il y a douze chambres, c'est vraiment adapté. Nous avons beaucoup de lits, les moyens de faire à manger pour soixante personnes donc là, trente, ça ne nous pose aucune difficulté. Il y a des douches, des toilettes prévues." 

Un peu dans la précipitation

Bruno Lombard ne le cache pas : à l'image du maire d'Auxonne Raoul Langlois, il aurait aimé être prévenu plus tôt pour pouvoir mieux s'organiser. Mais l'association était demandeuse, et c'est donc avec plaisir et détermination qu'il s'apprête à aider ces migrants. "C'est vrai que ça s'est fait un peu dans la précipitation et pour nous ça n'a pas été facile. Mais nous sommes bien sûr très favorables à ce type d'accueil car ce que nous appelons régulièrement le vivre-ensemble, il concerne tout le monde"

Reste la question du financement, assuré "à 100% par l'Etat" , affirme le préfet Eric Delzant, mais le montant de l'enveloppe, dit-il reste encore à évaluer. Le maire d'Auxonne, lui, attend de voir.