Société

Migrants : 3.800 personnes évacuées du campement de Stalingrad à Paris, le plus gros de France après Calais

Par Fanny Lechevestrier, France Bleu Paris et France Bleu vendredi 4 novembre 2016 à 6:15 Mis à jour le vendredi 4 novembre 2016 à 12:27

Evacuation de migrants à Stalingrad
Evacuation de migrants à Stalingrad © Radio France - Delphine Evenou

Le gouvernement l'avait promis pour cette semaine. L'évacuation du campement de Stalingrad, à Paris, a débuté ce vendredi matin peu avant 6 heures. Quelque 600 policiers sont mobilisés pour mettre à l'abri 3.800 migrants.

L'opération est de grande ampleur. C'était, après Calais, le plus grand campement de migrants de France. À Paris, dans le campement de Stalingrad, dans le 19e arrondissement, 3.800 migrants qui vivent sous des tentes et dans des conditions indignes, ont été évacués et mis à l'abri ce vendredi. L'évacuation, encadrée par plus de 600 CRS, a débuté peu avant 6 heures. 82 cars ont été prévus pour amener les migrants vers 70 centres mobilisés pour les accueillir.

"Pour l'instant tout se passe bien", indique Jean-François Carenco, le préfet de la région Ile-de-France.

Sur place, tout est calme constate notre reporter Delphine Evenou.

La ministre du Logement sur place

3.800 migrants présents à Stalingrad, ont été mis à l'abri. La ministre du Logement Emmanuelle Cosse est arrivée sur place dès 6 heures ce vendredi matin. "C'est la 30e opération de mise à l'abri depuis un an", a notamment rappelé la ministre. Elle a également annoncé que le centre pour réfugiés de La Chapelle, au nord de Paris, ouvrirait dans les tout prochains jours.

Une opération en deux temps

Cette opération, qui intervient dans la foulée du démantèlement du camp de migrants de la "Jungle" de Calais, devait se dérouler en deux temps, d'abord quai de Jemmapes, puis avenue de Flandres où campaient le reste des migrants, notamment des Soudanais et Erythréens. "Il y a beaucoup de primo arrivants. Il est essentiel qu'on les mette à l'abri. L'objectif est que ces personnes soient orientées" vers des centres d'hébergement "le plus rapidement possible.", a déclaré Mme Cosse, ajoutant qu'il y aurait une "prise en charge spécifique pour les familles avec enfants et les femmes isolées".

Ce campement avait déjà connu deux évacuations ces derniers mois, le 26 juillet (près de 2.500 mises à l'abri) et le 16 septembre (près de 2.100). Malgré les évacuations successives, le campement s'était reconstitué rapidement au cours des dernières semaines. Pour empêcher cette fois ce phénomène, la maire de Paris Anne Hidalgo a décidé d'ouvrir un "centre d'accueil humanitaire" dans la capitale. Doté de 400 lits au départ, il accueillera les migrants quelques jours, avant leur répartition partout en France.