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Migrants : le cas (presque) unique du Pays Basque

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Par , France Bleu Pays Basque

Une pause après des milliers de kilomètres. C'est ce que propose le centre Pausa de Bayonne aux migrants. Une halte avant de repartir vers le nord de l'Europe. Depuis sa création fin 2018 Pausa (la pause en basque) a accueilli plus de 16 000 personnes.

le centre Pausa à Bayonne
le centre Pausa à Bayonne © Radio France - Jacques Pons

A Bayonne rive droite, sur le quai de Lesseps, le long de l'Adour, le centre d'accueil des migrants Pausa occupe un ancien bâtiment militaire. A l’extérieur, rien d'accueillant. Au pied de la citadelle, le centre n'a pourtant rien d'un camp. Certes, le grand portail n'est pas souvent ouvert. Les entrées et les sorties sont canalisées. N'entre pas qui veut. Mais les migrants qui y séjournent sont à l'abri et non pas prisonniers.

La salle de prière pour les musulmans
La salle de prière pour les musulmans © Radio France - Jacques Pons

Trois enfants sont nés ici depuis la création de Pausa

En (presque) deux ans, Pausa a vu passer 16 000 personnes, des hommes, des femmes, des enfants en provenance du Cameroun, du Mali, de Guinée ou de l'Ethiopie. Ici, entre ces murs aux couleurs ternes, mais où l'on a chaud, trois enfants sont nés dont un en juillet, il y a trois semaines. Des moments de grâce et de répit dans un parcours souvent chaotique pour ces migrants à des milliers de kilomètres de leur pays d'origine. 

Moment de répit
Moment de répit © Radio France - Jacques Pons

Pausa coûte 60 000 euros par mois

Ici, les "accueillis" comme on dit à Pausa, peuvent dormir, manger, se laver, prier, se vêtir. Tout est offert depuis presque deux ans, d'abord par la ville de Bayonne, puis la communauté d’agglomération Pays Basque. "Toutes les communes du Pays Basque (on en dénombre 158) ont voté unanimement pour financer ce centre" rappelle Christine Lauqué. L'adjointe au maire en charge des solidarités précise que cela coûte à la collectivité 60 000 euros par mois.

Christine Lauqué, adjointe au maire de Bayonne en charge des solidarités
Christine Lauqué, adjointe au maire de Bayonne en charge des solidarités © Radio France - Jacques Pons

Christine Lauqué (adj. au maire Bayonne) et Philippe Bone-Lesbats (directeur de Pausa)

Le cas unique de Bayonne

Bayonne est un cas (presque) unique en Nouvelle Aquitaine et ailleurs en France. Pour Christine Lauqué, "seule Briançon (Hautes Alpes) a un centre comme le notre". Autant dire que les trois jours proposés par Pausa aux "accueillis" sont bienvenus. "Ici c'est le paradis" affirme sans hésitation le Camerounais Bertrand. Il est parti de son pays depuis deux ans. Aujourd'hui, il a 19 ans et la tête pleine d'espérances. "Suivre des cours, faire du sport (du judo)". Bertrand souhaite vivre en France. Le confinement lui a fait découvrir le Pays Basque. En attendant une carte de séjour il propose bénévolement son aide à la laverie du centre.

Le bureau d'accueil
Le bureau d'accueil © Radio France - Jacques Pons

Le témoignage de Bertrand, un camerounais de 19 ans

Moins de migrants depuis la fin du confinement

Phénomène nouveau, cet été, le flux des arrivants a ralenti. 70 à 80 personnes par jour. Loin des 120 à 150 de l'an dernier. Il n’empêche, "il faut être prêt quand le flux reprendra". A ce sujet, Christine Lauqué souhaite la naissance d'un deuxième centre d'accueil toujours au Pays Basque mais un peu plus proche de la frontière.

Un cadeau dessiné laissé par un enfant au bureau d'accueil
Un cadeau dessiné laissé par un enfant au bureau d'accueil © Radio France - Jacques Pons
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