Société

Migrants : les avocats grenoblois à la rencontre des réfugiés à Saint-Martin-d'Hères

Par Julien Morin et Antonin Kermen, France Bleu Isère jeudi 10 novembre 2016 à 19:37 Mis à jour le jeudi 10 novembre 2016 à 19:39

Maître Claude Coutaz en entretien individuel avec un jeune migrant.
Maître Claude Coutaz en entretien individuel avec un jeune migrant. © Radio France - Antonin Kermen

Une dizaine d'avocats du barreau de Grenoble se sont rendus jeudis sur le campus universitaire de Saint-Martin-d'Hères. Ils ont rencontré les migrants, arrivés récemment en Isère après le démantèlement de la jungle de Calais et d'un camp à Paris, dans la tour ARPEJ où ils sont hébergés.

L'objectif de cette visite : accompagner gratuitement les migrants dans leurs démarches administratives. "L'idée c'est de jeter une bouée pour ces gens qui doivent être totalement perdus dans ces procédures extrêmement compliquées" rappelle Maître Claude Coutaz, avocat au barreau de Grenoble. Un à un, les migrants sont passés en entretien individuel pendant lesquels ils ont pu expliquer leur parcours, leur situation. Le dialogue n'est pas si simple : en effet, très peu de migrants parlent français, quelques-uns parlent anglais, mais la majorité ne sont pas capable de s'exprimer dans une de ces deux langues. Ainsi, dès la semaine prochaine, un traducteur accompagnera les avocats.

"Je ne connais pas trop mes droits" - Florent, migrant originaire du Togo

Migrants et avocats rassemblés dans le hall de la tour ARPEJ à Saint-Martin-d'Hères - Radio France
Migrants et avocats rassemblés dans le hall de la tour ARPEJ à Saint-Martin-d'Hères © Radio France - Antonin Kermen

Accompagner les migrants mais aussi les renseigner. "Même quand on a pas encore de titre de séjour, on a accès à la santé, rappelle Maître Wilfried Samba-Sembeligue. Et ça ces personnes l'ignorent totalement. Ils ont rencontré des médecins (à leur arrivée) et tous sont repartis avec une ordonnance ! Ca veut dire qu'il y avait des problématiques de santé qui n'étaient pas identifiés." C'est ce que confirme Florent, originaire du Togo : "nous sommes dans une situation délicate, très très délicate. Je ne connais pas trop mes droits."

La visite des avocats est bien accueillie par les migrants. "On a besoin de quelqu'un qui va tout nous expliquer" confirme un réfugié originaire de la République Démocratique du Congo.