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Société

Migrants : pas assez de points d'eau Porte de la Chapelle

mardi 7 août 2018 à 17:58 Par Sylvie Charbonnier, France Bleu Paris

Avec le pic de chaleur de ces derniers jours, les centaines de migrants de la Porte de la Chapelle sont en quête de nourriture mais surtout d'eau. Les associations se mobilisent, les particuliers également, mais les points d'eau sont trop rares et il est impossible de se laver ou de se rafraîchir.

mobilisation pour apporter de l'eau aux migrants de la Chapelle
mobilisation pour apporter de l'eau aux migrants de la Chapelle © Radio France - Sylvie Charbonnier

Paris, France

Ils sont des centaines, Porte de la Chapelle, migrants, SDF, toxicomanes, à s'entasser sous les arbres ou sous les ponts, pour fuir la chaleur caniculaire de ces derniers jours. Les associations distribuent de l'eau, notamment l'association Aurore, qui propose 800 petits déjeuners, chaque matin. "On leur donne de l'eau, ils ont soif. Nous leur distribuons des gourdes et nous les envoyons près des points d'eau" explique Aboubaker, l'un des salariés de l'association qui remplace, pendant ce mois d'août, les bénévoles de l'association Wilson. Sauf que, depuis le démantèlement des campements, au mois de juin, des points d'eau ont été supprimés. D'après Sarah, une bénévole de solidarité Migrants Wilson, "il n'y a plus que deux points d'eau disponibles, ici, l'un près de la colline au crack, avec les problèmes que cela pose, au milieu des toxicomanes, et un autre, éloigné, du côté d'Aubervilliers. Autant dire que pour se rafraîchir, ou se laver et pour les femmes, maintenir un minimum d'hygiène, c'est très difficile! " 

Les membres de l'association Aurore, porte de la Chapelle - Radio France
Les membres de l'association Aurore, porte de la Chapelle © Radio France - Sylvie Charbonnier

Le cri d'alarme de Médecins Sans Frontière

En face du local de l'association Aurore, de l'autre côté du boulevard Ney, Médecins Sans Frontière installe sa camionnette, deux fois par semaine. Carole Torre est chef de mission MSF France et pour elle, la situation ne fait qu'empirer : " avec la chaleur de ces derniers jours, les gens ont soif, mais ils ont de nouvelles pathologies, notamment dermatologiques. Ils se brûlent les pieds sur le bitume et cela crée des lésions".  Et, elle aussi, dénonce le manque de points d'eau " vous imaginez les problèmes que cela pose? Les hommes et les femmes ne peuvent pas se laver et cela provoque des problèmes sanitaires et infectieux". Dès l'installation de la camionnette, les files d'attente se forment, souvent pour de la bobologie, plus souvent encore pour des raisons d'angoisse et toujours pour venir chercher de l'eau. 

Les parisiens se mobilisent

Saïda est bénévole du collectif Wilson. Elle n'a pas pris de vacances. Chaque jour, elle vient ici, donner un coup de main, orienter les réfugiés. Et chaque jour, elle voit des automobilistes, s'arrêter près des groupes de migrants, pour leur donner de l'eau ou des vivres : " vous voyez, les gens s'arrêtent, en double file pour donner des bouteilles d'eau, de la nourriture, des vêtements et même des kits de toilette, du savon, du shampoing"... Cependant, malgré les solidarités, malgré les associations présentes ou même l'entraide, entre réfugiés, les moyens sont toujours insuffisants et l'ambiance est toujours très tendue dans les files d'attente, notamment depuis le démantèlement de la colline au crack. Les toxicomanes se mêlent aux réfugiés, semant la pagaille, sans vraiment de prise en charge. 

Les femmes restent à l'écart par prudence

Tout au long du boulevard Ney, on ne voit quasiment que des hommes. Ils se rassemblent par groupes, à attendre l'aide, les informations, les orientations. Les femmes sont à l'écart, avec les enfants. Sarah, du collectif Wilson explique que c'est trop dangereux, ici, pour elles : " Les femmes restent dans le parc, un peu plus loin. Elles ont peur, ici. Elles sont toujours sous la menace des réseaux de proxénétisme, alors, elles se cachent, avec leurs enfants et ce sont les hommes qui viennent chercher les vivres pour elles. Des femmes, qui rencontrent les mêmes difficultés que les hommes, avec des problèmes supplémentaires : pas de toilettes, pas de protections quand elles ont leurs règles, aucun suivi médical quand elles sont enceintes. Des problèmes dont il est moins question, pour la simple raison qu'elles tentent, par prudence, de se rendre les moins visibles possible. 

La distribution d'eau de l'association Mass'Action - Radio France
La distribution d'eau de l'association Mass'Action © Radio France - Sylvie Charbonnier