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Société

Mineurs non accompagnés en Mayenne : RESF et hébergeurs solidaires pourraient saisir la justice

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Par , France Bleu Mayenne

RESF et hébergeurs solidaires sont inquiets. L'aide sociale à l'enfance de la Mayenne semble débordée. C'est le service du conseil départemental qui prend en charge les jeunes migrants mineurs non accompagnés. Mais les éducateurs spécialisés notamment ne sont pas assez nombreux.

Les locaux de l'aide sociale à l'enfance de la Mayenne à Laval.
Les locaux de l'aide sociale à l'enfance de la Mayenne à Laval. © Radio France - Charlotte Coutard

Département Mayenne, France

France Bleu Mayenne vous le révélait il y a trois semaines : les éducateurs spécialisés de l'aide sociale à l'enfance de la Mayenne sont débordés. C'est le service du conseil départemental qui prend en charge les mineurs non accompagnés, ces jeunes migrants livrés à eux même, sans parents, dans notre département. Leur nombre a explosé ces dernières années : ils étaient 28 en 2012, 230 sept ans plus tard. 

Le collectif Hébergeur Solidaire et le Réseau Éducation Sans Frontière ont envoyé une lettre au président du département de la Mayenne Olivier Richefou, non pas pour critiquer les éducateurs spécialisés disent-ils, mais pour dénoncer le manque de moyens. Selon le président du département, "la situation est insatisfaisante" mais il assure de la "forte implication des élus et des agents pour adapter au mieux les actions".

Six éducateurs seulement pour 230 jeunes

Cinquante-huit agents du département sont en charge d'un accompagnement éducatif, et vingt personnes travaillent au Sésame, le Service Éducatif Spécialisé dans l'Accompagnement des Mineurs Étrangers, mais il y a seulement six éducateurs spécialisés. 

Selon nos informations, 230 jeunes sont actuellement pris en charge par ce service prévu à l'origine pour 120 jeunes, presque le double de la capacité d'accueil. Chaque éducateur doit donc suivre le dossier d'une quarantaine de jeunes. La situation était catastrophique cet été, avec seulement deux ou trois éducateurs présents chaque semaine. Certains agents sont épuisés, il y a eu plusieurs arrêts maladies ces dernières semaines

La convention internationale des droits de l'enfant bafouée ?

Le réseau éducation sans frontière et le collectif des hébergeurs solidaires ont le sentiment d'assurer les missions de l'aide sociale à l'enfance. RESF et le collectif envisagent de saisir le Procureur de la République de Laval et le défenseur des droits pour non respect par le conseil départemental de la Mayenne de la convention internationale des droits de l'enfant. 

Moi je parle de négation des droits

"Il est inacceptable que des jeunes fassent leur rentrée en retard parce qu'ils ne sont pas au courant de l'endroit où ils ont été affectés, qu'ils n'aient pas de tickets de bus, de carte de trains, de fournitures scolaires, qu'ils dorment à l'hôtel, qu'ils n'aient pas de CMU, pas d'accompagnement. Ces enfants ont un représentant légal, c'est le président du conseil départemental de la Mayenne. Ces enfants ont les mêmes droits que les autres. Moi je parle de négation des droits", lance Anne Guisolia, membre de RESF et du collectih hébergeurs solidaires.

Anne Guisolia, membre de RESF et du collectif hébergeurs solidaires 53.

Les éducateurs spécialisés nous disent toujours qu'ils sont débordés

"À l'hôtel, quand j'avais une lessive à faire, je demandais aux hébergeurs solidaires. J'avais appris qu'il y avait des aides pour avoir des fournitures scolaires, mais jusqu'à présent je n'ai pas reçu les fournitures. Les hébergeurs m'ont donné des fournitures. Les éducateurs spécialisés nous disent toujours qu'ils sont débordés, il y a plein de monde, c'est pourquoi je vais vers eux très rarement, je demande aux hébergeurs", raconte ce jeune homme de 17 ans, arrivé à Laval en novembre dernier, originaire de Guinée-Conakry, désormais élève en CAP.

3,3 millions d'euros

En 2018 le département de la Mayenne a consacré 3,3 millions d'euros à la prise en charge des mineurs non accompagnés. Face à l’urgence et après plusieurs réunions, deux postes supplémentaires d'éducateurs pourraient être débloqués, mais sans doute de manière ponctuelle.

Olivier Richefou, le président du département

La Mayenne accueille un peu plus de jeunes que nous devrions le faire

"En Mayenne personne ne dort à la rue, je connais des départements qui n'ont pas la capacité d'accueillir tous les jeunes qui arrivent, et certains dorment dans des campings. Ce n'est pas le cas en Mayenne, nous accueillons sous un toit, nous nourrissons, nous habillons et nous donnons de l'argent de poche, modeste bien évidemment, à chacun. Nous faisons cette mission le plus humainement possible, et nous continuerons. Et puis la Mayenne, ramenée à son poids de population, accueille un peu plus de jeunes que nous devrions le faire. Ça pourrait être une trentaine en moins", estime Olivier Richefou.

Ce mercredi devant le Sénat, en ouverture du débat sur l'immigration le premier ministre Edouard Philippe a justement promis "des solutions dans les prochaines semaines pour améliorer la prise en charge et apporter une réponse adaptée à la problématique des mineurs non-accompagnés". Il faut selon lui "redéfinir les critères selon lesquels s'opère, au niveau national, la répartition entre départements des mineurs à accueillir".

Il faut savoir aussi que sur les 230 jeunes suivis par l'aide sociale à l'enfance, 49 sont de jeunes majeurs. Mais le département les prend toujours en charge car ils sont dans un processus de formation, ce qu'il n'est pas obligé de faire selon la loi.

Le syndicat CFDT demande l'ouverture d'une enquête sur les conditions de travail à l'aide sociale à l'enfance.

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