Société

Mixité sociale : ce qu'il faut retenir des annonces de Manuel Valls

Par Julie Guesdon, France Bleu Paris et France Bleu lundi 26 octobre 2015 à 13:01 Mis à jour le lundi 26 octobre 2015 à 15:53

Le Premier ministre Manuel Valls (illustration)
Le Premier ministre Manuel Valls (illustration) © Maxppp

En comité interministériel dans les Yvelines pour discuter de la politique de la Ville, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé ce lundi une série de mesures en faveur de la mixité sociale et destinée à lutter contre les discriminations.

Dix ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents de banlieue qui s'étaient cachés dans un transformateur électrique pour échapper à la police, Manuel Valls était ce lundi aux Mureaux, dans les Yvelines, lors du comité interministériel consacré à la politique de la Ville. A cette occasion, le Premier ministre a annoncé une série de mesures pour lutter contre la discrimination et favoriser la mixité sociale.

Logements sociaux : l'heure de la coercition a sonné

Le gouvernement, qui a dévoilé une liste de 36 communes ne respectant pas l'obligation de disposer de 25% de logements sociaux, a annoncé ce lundi la possibilité pour les préfets d'user de nouveaux moyens de coercition. Depuis mars, ces derniers ont déjà la possibilité de délivrer des permis de construire à la place des maires, ou d'acheter les logements anciens par préemption pour en faire des logements sociaux. Désormais ils peuvent notamment se voir aussi attribuer le contingent municipal d'attribution de logements sociaux, et donc décider à la place des maires des bénéficiaires.

Concernant les 36 communes concernées, Provence-Alpes-Côte d'Azur est la région la plus représentée avec 17 communes, devant l'Ile-de-France (8), le Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes (5 chacune) et l'Aquitaine (1).

Les caméras piétons généralisées

Les "caméras piétons", de petites caméras fixées sur le torse des forces de l'ordre expérimentées depuis trois ans dans la police, vont "faire partie de l'équipement classique des forces de l'ordre sur le terrain". Selon le dossier de presse diffusé lundi, l'expérimentation de ces caméras, qui permettent à la fois de protéger les force de l'ordre et de vérifier qu'une intervention s'est produite conformément à la déontologie policière, a été "concluante", a estimé le Premier ministre en annonçant leur généralisation.

Lancée en avril 2013 lorsque Manuel Valls était ministre de l'Intérieur, l'expérimentation été développée dans la police (961 dispositifs déployés) et la gendarmerie (573). Le dispositif entend répondre à l'abandon du "récépissé" pour lutter contre les contrôles de police au faciès, écarté en 2013.

Une campagne nationale contre la discrimination au travail

Enfin, le gouvernement annonce aussi vouloir renforcer la lutte contre la discrimination au travail et va, pour ce faire, mener une campagne nationale de "testing", technique visant à simuler des situations réelles pour identifier de possibles pratiques discriminatoires. Cette opération, promise par François Rebsamen en mai, sera lancée "fin 2015" dans le monde du travail. Elle se terminera par une synthèse publique mi-2016 et un "dialogue" avec les entreprises qui auraient été épinglées.