Société

Mobilisation à Bordeaux contre le harcèlement sexiste dans les transports

Par Noémie Bonnin, France Bleu Gironde mardi 15 septembre 2015 à 19:32

Les agressions sexistes sont récurrentes dans les transports en commun.
Les agressions sexistes sont récurrentes dans les transports en commun. © Radio France - Noémie Bonnin

Le collectif bordelais pour les droits des femmes se mobilise contre les gestes et les insultes sexistes dans les trams et les bus. Il veut lancer une campagne de sensibilisation dans les transports.

Une main aux fesses, un homme qui se colle en cas d'affluence, ou quelques mots grossiers glissés à l'oreille, c'est une réalité pour beaucoup de femmes dans les transports en commun. "Un vieux était derrière moi dans le tram, et à chaque fois que ça freinait, il se collait à moi. Je sentais ses parties sur mes fesses" raconte Lisa, tout juste 16 ans. "Ça m'a beaucoup gênée, j'essayais de parler fort pour qu'il comprenne, mais il se décalait à chaque fois que je bougeais."

Il se collait à moi, je sentais ses parties sur mes fesses, j'étais très gênée.

— Lisa, 16 ans

Des témoignages comme celui de Lisa, la plupart des femmes pourraient le partager. Selon un rapport du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, 100% des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlements sexistes ou d'agressions sexuelles. Suite à cette étude, le gouvernement vient d'annoncer un plan national. Mais à Bordeaux, le collectif pour les droits des femmes veut agir aussi à son niveau : notamment lancer une campagne de sensibilisation dans les bus et les trams. La semaine de la mobilité, en cours à Bordeaux, est l'occasion pour le collectif de faire passer le message. 

Il faut absolument parler sur le moment, et parler fort. "Non vous n'avez pas à me harceler, ce que vous faites est puni par la loi." 

— Lidi Delmas, du collectif pour les droits des femmes

L'un des combats, pour ces femmes qui se battent contre les comportements sexistes, c'est de libérer la parole. "Bien sûr que c'est difficile, mais il faut en parler sur le moment" explique Lidi Delmas, du collectif pour les droits des femmes. "Si on a une main aux fesses, il faut parler, et parler fort, en disant 'non, vous n'avez pas à me harceler. Ce que vous faites c'est du harcèlement, et c'est puni par la loi.'" 

Le collectif "Colère : nom féminin" édite des sacs très explicites. - Radio France
Le collectif "Colère : nom féminin" édite des sacs très explicites. © Radio France - Noémie Bonnin

Certains hommes disent que ce n'est pas grand chose, que c'est flatteur. Mais non, c'est même avilissant. D'ailleurs vous ne verrez jamais une femme mettre la main aux fesses d'un homme.

— Julie, bordelaise

"Moi ma technique, c'est de le dire très fort", témoigne Julie, une bordelaise engagée. "En général ils ont conscience que ça ne se fait pas. Et du coup quand le regard des autres passagers est un peu plus appuyé, l'homme devient mal à l'aise." Julie en a vraiment ras-le-bol de ces comportements : "Parfois certains hommes s'excusent en disant que ce n'est pas grand chose, que c'est flatteur. Mais non, c'est même avilissant. D'ailleurs vous ne verrez jamais une femme mettre la main aux fesses d'un homme."

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