Société

Mobilisation pour l'égalité des salaires à Perpignan

Par Marion Paquet, France Bleu Roussillon mardi 29 mars 2016 à 18:36

Les femmes ont distribué des sacs de l'association Business & Professional Women
Les femmes ont distribué des sacs de l'association Business & Professional Women © Radio France - Marion Paquet

En France, les femmes doivent travailler trois mois de plus pour gagner le même salaire annuel qu'un homme. Ce mardi 29 mars a été choisi comme journée nationale de l'égalité salariale. Une poignée de militantes se sont mobilisées à Perpignan.

"Quand j'ai fini mes études universitaires et que je suis entrée dans le marché du travail, j'avais le même salaire que les garçons qui avaient les mêmes diplômes que moi."  Nicole, 69 ans, regrette qu'aujourd'hui, son cas ne soit pas devenu une évidence. Elle fait partie de l'association BPW (Business & professional women) de Perpignan, qui a organisé une action de sensibilisation sur l'inégalité des salaires entre hommes et femmes, ce mardi, entre midi et deux, place Arago.

Pourquoi une action fin mars ? Troisième mois de l'année ? parce qu'une femme doit travailler environ trois mois de plus pour toucher le salaire annuel d'un homme qui fait le même travail qu'elle. Une femme gagne environ 20% de moins qu'un homme. Ce mardi a donc été décrété journée nationale de l'égalité salariale.  "Le talent des femmes est aussi grand que le talent des hommes, ajoute Nicole, _et ce qu'elles apportent au marché du travail est différent mais pas nécessairement inférieur donc mérite le même salaire".

Nicole, membre de l'association BPW Perpignan

Beaucoup de personnes n'ont pas conscience de cette inégalité salariale"

"Les femmes ont vraiment un salaire inférieur, constate Michèle, de l'association BPW Perpignan, souvent, par le jeu des temps partiels, qui sont souvent un peu imposés aux femmes, puisque ce sont souvent les femmes qui ont besoin d'un temps partiel pour s'occuper des enfants ( ça pourrait être les hommes mais bon...), énormément de femmes, même les hommes n'en ont pas conscience, nous disent que ce n'est pas vrai, nous demandent d'où on sort nos chiffres ou alors disent que c'est volontaire, que les femmes prennent les temps partiels parce qu'elles le veulent bien ou acceptent des postes moins bien payés, mais ce n'est pas vrai."  80% des travailleurs à temps partiel sont des femmes.

Les militantes de l'association BPW ont le sentiment de vivre dans une société machiste : " oui, trois fois oui ! insiste Nicole, et d'ailleurs, la génération d'aujourd'hui a du travail à faire. Il n'y a pas de raison d'avoir des salaires sexistes. En France, on a toujours été un peu lent. Le droit de vote des femmes est un des plus récents dans le monde occidental, c'est lamentable."

Michèle a participé à l'action de sensibilisation ce mardi.

En France, le changement demande du temps"

"Il faudrait inventer une nouvelle forme de travail, propose Michèle, c'est-à-dire que lorsqu'une femme s'absente pour congé de maternité, pourquoi ne pas mettre en place du télétravail ? Une femme qui est en congé maternité n'est pas malade ! Pourquoi faire des réunions à 18h quand on sait pertinemment que les femmes sont parties chercher les enfants ? Ça, on ne l'a jamais pris en compte. On ne s'est jamais dit qu'on pouvait organiser le travail différemment."