Société

Moins d'un médecin tourangeau sur trois est volontaire pour assurer les permanences de soins !

Par Jérôme Collin, France Bleu Touraine dimanche 27 mars 2016 à 19:48

Trois médecins officient au Chambon-sur-Lignon
Trois médecins officient au Chambon-sur-Lignon © Radio France - Martin Cotta

En Indre-et-Loire, trouver un médecin de garde la nuit, le week-end ou les jours fériés comme en ce lundi de Pâques peut vite devenir un casse-tête. Seuls 30 % des généralistes sont volontaires pour assurer les permanences. Un vrai casse-tête pour les patients.

Depuis juin 2015, entre dix et douze médecins assurent les permanences de soins en Indre-et-Loire. Il y a eu une restructuration géographique :

  • six secteurs (Amboise, Loches, Chinon, Château-Renault, Sainte-Maure-de-Touraine et Neuillé-Pont-Pierre) disposent d'un médecin fixe
  • l'agglomération tourangelle se repose sur les 4 professionnels de SOS Médecins
  • et deux médecins sont "volants", un au nord du département, l'autre au sud

Un système qui doit relancer la motivation des médecins. Seuls 30% sont volontaires pour assurer les gardes de nuit, de week-end et pendant les jours fériés. C'est 10 % de moins qu'en 2014, selon une étude du Conseil national de l'ordre des médecins. "Quand un médecin travaille entre 8 heures et 20 heures, c'est difficile de lui demander de faire la garde ensuite", juge Philippe Paganelli, président de l'Ordre des médecins en Indre-et-Loire.

Philippe Paganelli

Mais pour les patients, il y a deux fois moins de praticiens à leur disposition. Dans le précédent système, il y avait en effet 25 médecins de garde en permanence. "C'était trop. Certains n'étaient jamais appelés, n'avaient jamais de visites. Du coup, ils ont arrêté de participer aux gardes", avance Philippe Paganelli. Mais pour Valérie, une tourangelle, le système a montré ses limites lors de l'allergie de son fils. "Les pharmaciens n'ont pas su m'orienter vers un médecin de garde ; la gendarmerie m'a dit qu'il n'y en avait plus et d'aller aux urgences. J'ai attendu plus de cinq heures."

Faut-il remettre en cause le volontariat ?

Depuis 2002, la permanence des soins n'est plus obligatoire. Elle repose uniquement sur le volontariat. Il faut que ça reste ainsi explique Philippe Paganelli, président de l'ordre des médecins en Indre-et-Loire."Ce n'est jamais une bonne solution quand on oblige les gens à faire quelque chose".

Pourtant, il y a un vrai risque que la situation s'aggrave en Indre-et-Loire, selon Grégory Melchior, responsable de SOS Médecins.

C'est une véritable catastrophe, un réel soucis pour les années à venir, surtout quand on connaît l'âge moyen des médecins. Pour beaucoup, la retraite est imminente. Et à leur place, les nouveaux venus ne vont pas tous faire de la permanence des soins...

Grégory Melchior, de SOS Médecins