Football

Moldovan dégoupille après la nouvelle défaite de l'AJ Auxerre

Par Bruno Blanzat, France Bleu Auxerre samedi 24 septembre 2016 à 1:20

"J'en ai marre", a lâché Viorel Moldovan
"J'en ai marre", a lâché Viorel Moldovan © Maxppp -

Suite au nouveau revers de l’AJA (0-1), face au Havre vendredi soir, en 9e journée de Ligue 2, l’entraîneur auxerrois s’en est violemment pris à ses dirigeants. Ses jours à la tête de l'AJA sont comptés.

Cette fois-ci, il n’a pas pu se retenir. « La colère » qu’il avait en lui depuis « quelques mois » est sortie d’un coup. Et l’ancien attaquant est allé droit au but. Après la nouvelle défaite de ses hommes, la troisième de suite, (0-1) face au Havre, à la suite d’une prestation où l’AJA aurait mérité mieux, Viorel Moldovan s’est lâché. Le technicien roumain, premier entraineur étranger à s’asseoir sur le banc auxerrois, attaque ses « dirigeants » : Sans les nommer, il vise Guy Cotret, le président et Baptiste Malherbe, le directeur délégué. Selon Moldovan, « on en est là à cause de l’extraordinaire management du club. J’en ai marre de tout çà. Soit le club va se bouger, soit je ne sais pas où il va aller. »

En colère comme rarement, Moldovan enchaîne : « J’ai galéré comme un con depuis que je suis arrivé ici. J’ai lancé six jeunes, mais la différence de niveau est énorme. Je pleure pour que l’on m’amène des joueurs. Mais on me répond que l’on n’a pas de moyen, pas d’argent. Je suis sur que des personnes ici, au club, sont contentes que je ne réussisse pas. Je suis sûr de çà. »

« La vérité fait mal, mais c’est la réalité. »

La colère de Viorel Moldovan

L’ancien buteur nantais se lance aussi dans une explication sur le centre de formation :

« On se voit beau, mais on n’est pas beau. Dites-moi depuis Ntep (transféré à Rennes en janvier 2014 contre 6 millions d’euros) ce qu’a produit le centre de formation ? Si on dit la vérité devant tout le monde, on se fâche ici car on ne doit pas dire la vérité. Car la vérité fait mal. Mais çà, c’est la réalité. Même le centre de formation doit changer de philosophie.»

À une question sur sa responsabilité dans ce début de saison catastrophique de son équipe, le plus mauvais depuis sa descente en Ligue 2 il y a quatre ans, avec une 19e (avant-dernière) de Ligue 2 après neuf matches, avec un seul succès en 8 matches, Moldovan ne se démonte pas : « Non, non, je n’ai aucune responsabilité. J’ai bien préparé le match et l’équipe. »

Va-t-il être écarté ?

Enfin, il a été demandé à Viorel Moldovan, encore sous contrat jusqu'en 2018, s’il était prêt à boucler ses valises et démissionner. « Non, je ne pars pas. Je suis venu ici pour me battre, pour faire quelque chose, mais je suis le seul à désirer cela, à avoir des ambitions. »

Moldovan va-t-il résister à cette sortie hallucinante ? Ce monologue à charge va-t-il avoir des répercussions dans les prochains jours ?

Assurément. Injoignable vendredi soir, après les propos de son entraîneur, Guy Cotret pourrait l’écarter. Déjà à Ajaccio, mardi, lors de la défaite des auxerrois sur la pelouse de l’ACA, le président de l’AJA avait été surpris de la réaction du vestiaire face au discours du technicien à la mi-temps, alors que les Icaunais étaient menés à la marque (0-1). Pour lui, le discours auprès du groupe ne passe peut-être déjà plus. En quittant le stade Abbé Deschamps, vendredi soir, il aurait confié son souhait de le licencier.

« J’ai fait un peu le spectacle mais désolé, c’est toujours l’entraîneur qui prend dans la gueule. Je me suis libéré de cette colère car j’ai les boules » finit par lâcher Viorel Moldovan

On attend maintenant la réaction de son président, Guy Cotret. Va-t-il le licencier avant le déplacement à Reims, vendredi prochain, lui le Rémois de naissance et pour qui ce rendez-vous est plus que symbolique ?

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