Société

Monopole de la vente de médicaments : les pharmaciens reçus ce mardi à Bercy

France Bleu lundi 28 juillet 2014 à 17:18 Mis à jour le mardi 29 juillet 2014 à 8:17

Une enseigne de pharmacie (archive).
Une enseigne de pharmacie (archive). © Bred&Co - Fotolia.com

Arnaud Montebourg, le ministre de l'Economie, va recevoir mardi les représentants des pharmaciens, après que l'Inspection générale des finances a pointé du doigt les marges des pharmacies sur les médicaments sans ordonnance. L'IGF préconise l'ouverture de la vente de ces médicaments dans les grandes surfaces.

Après les tests de grossesse et les produits d'entretien des lentilles, disponibles depuis le mois de mars dernier en grandes surface, les médicaments comme le Doliprane, le Nurofen ou le Fervex vont-ils bientôt être eux aussi vendus en dehors des pharmacies ? C'est en tout cas ce que préconise l'Inspection générale des finances (IGF) dans un rapport dévoilé ce lundi dans Les Echos

Ce rapport – qui ne sera rendu publique que "fin août-début septembre " selon l'entourage d'Arnaud Montebourg – souligne que ces médicaments, remboursés quand ils sont prescrits sur ordonnance, mais aussi disponibles sans ordonnance, représentent 9% du chiffre d'affaires des pharmacies . Leur prix a par ailleurs augmenté deux fois plus vite que le coût de la vie en quinze ans, à une moyenne de +3% par an entre 1998 et 2011.

20% à 25% moins cher ?

Selon l'IGF, l'ouverture de la commercialisation de ces médicaments à la grande distribution permettrait de faire baisser les prix . Une mise en concurrence qui serait en ligne avec la volonté affirmée par le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg de "restituer" six milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français . Le ministre rencontrera donc les représentants des pharmaciens mardi à Bercy.

Une proposition chaleureusement accueillie par Michel-Edouard Leclerc : le patron des supermarchés Leclerc, fervent partisan de l'ouverture de la vente de médicaments dans la grande distribution, a promis que les médicaments concernés pourraient "être vendus 20 à 25% moins cher " dans ses magasins, en restant "sous le contrôle de leurs docteurs en pharmacie " pour éviter notamment les risques de surconsommation. 

"Le même genre de propositions que pour le prix du livre "

"On est dans une chaîne de soins et de santé, on a un rôle de suivi des patients et de conseil " , lui oppose Gilles Bonnefond, de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine. "On va regarder ensemble ce qui a été écrit, le pourquoi ", lors de la réunion prévue mardi, a prévenu le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques, Philippe Gaertner. "On peut très bien imaginer d'avancer dans le même genre de propositions que ce qui a été retenu (...) pour le prix du livre, avec un prix règlementé, y compris sur les médicaments en vente libre ", ajoute-t-il.

Les prothésites, eux aussi visés par Arnaud Montebourg, se montrent moins conciliants : l'Union nationale patronale des prothésistes dentaires a invité ses adhérents à envoyer "en masse " des prothèses au ministre pour protester.