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Société DOSSIER : #MonSainté

#MonSainté : Beaubrun-Tarentaize, un quartier populaire, cosmopolite mais qui se sent un peu abandonné

lundi 20 novembre 2017 à 18:43 Par Mathilde Montagnon, France Bleu Saint-Étienne Loire

Suite de notre opération #MonSainté. Direction l'ouest de Saint-Étienne et Tarentaize-Beaubrun, un quartier cosmopolite, où vit une population aux revenus modestes et qui s'inquiète de la fermeture de nombreux commerces et des déménagements annoncés de la sécurité sociale et de la CAF.

43% des habitants du quartier Beaubrun-Tarentaize vivent en-dessous du seuil de pauvreté.
43% des habitants du quartier Beaubrun-Tarentaize vivent en-dessous du seuil de pauvreté. © Radio France - Mathilde Montagnon

Saint-Étienne, France

Historiquement Tarentaize-Beaubrun, c'est le quartier par lequel on arrive à Saint-Étienne. Les mineurs venus de Haute-Loire et d'Ardèche se sont installés ici en face du Puits Couriot avant de se disperser dans les autres quartiers de la ville. De la même façon, par la suite, les immigrés venus de Pologne, du Portugal ou du Maghreb, ont commencé par poser leurs valises dans ce quartier de Tarentaize- Beaubrun, avant éventuellement de déménager. Il reste de cette histoire une population cosmopolite, plutôt modeste.

Les services public très présents dans le quartier... pour l'instant

En 2013 l'INSEE comptait 7.600 habitants, dont 43% vivaient sous le seuil de pauvreté. L'État, les services publics, sont très présents ici : avec le palais de justice, la maison de l'emploi, la médiathèque, la CAF, la sécurité sociale sans parler de bâtiments patrimoniaux comme la Grande Église, ou la maison François 1er.

  - Radio France
© Radio France -

Mais c'est aussi dans ce quartier qu'avait été prise la photo illustrant le fameux article du Monde "Saint-Etienne, capitale des taudis". L'immeuble a été détruit depuis. Mais les logements sociaux côtoient des immeubles parfois très vétustes. Dans la partie HLM, vivent de nombreuses familles, comme celle de Djamila, installée ici depuis 15 ans pour qui "c'est un quartier très populaire, avec de nombreuses communautés, très conviviales. Et il y a beaucoup d'activité, école, centre social.... on est bien !".

Il y a cinq commerces sur cent ouverts" - Abdel

En revanche, la rue Beaubrun, l'ancienne artère commerçante du quartier, est désormais bien terne avec ses nombreuses vitrines fermées. "C'est mort, c'est (une) catastrophe", regrette Abdel arrivé ici en 1988 et qui a vu l'évolution. "Il y a cinq commerces sur cent qui sont ouverts. Et bientôt ils vont fermer". Un peu plus loin, Adil le coiffeur, peste contre une fuite d'eau dans le trottoir, probablement des caves inondées. Mais ça dure depuis un an et demi et personne ne fait rien dit-il. "C'est abandonné. Et depuis longtemps. Maintenant, chaque année on sent un peu, un peu plus, un peu plus. Même la ville ne fait pas son travail. Il n'y a pas de nettoyage, il n'y a pas d'entretien. Et puis les gens ils s'en foutent. Ils sont de passage. Ils habitent là 6-7 mois, avant de partir ailleurs. Il n'y a personne qui donne un peu d'attention à ces quartiers populaires comme le notre. C'est bien dommage mais c'est comme ça. C'est à l'abandon".

Et ce que craignent les commerçants et les habitants c'est que la situation ne s'aggrave parce que la Comédie vient de quitter le quartier pour s'installer vers le Zénith. Et bientôt ce seront la CAF et la sécurité sociale qui vont déménager à Châteaucreux. Un coup dur pour Paul Chauvet qui après son père et son grand-père tient le magasin de café et d'épices place Boivin. "La clientèle de l'extérieur qui venait pour des spectacles ou à la Sécurité sociale, en profitait pour faire des courses dans le quartier. Et ça sera un manque à gagner".